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Ivry, initiative cheminote : concert de soutien aux grévistes, un exemple de solidarité ouvrière

Publié le 14 juin 2016

Arthur Nicola

Après une énorme manifestation de près d’un million de personnes à Paris, qui a réuni des travailleurs de toute la France, des dockers aux cheminots en passant par EDF ou les postiers, une soirée de soutien aux grévistes était organisée dans un technicentre d’Ivry par les cheminots. De fait, l’initiative est un grand succès : à peine deux jours de communications, et près de 90 personnes sont venus soutenir les cheminots en lutte.

La soirée commence par une série d’interventions des secteurs présents. De nombreux intermittents, étudiants, et travailleurs de la propreté de Paris sont venus soutenir celles et ceux qui sont en grève depuis près de 3 semaines. Benoît, cheminot à Austerlitz rappelait l’objectif de la soirée : "nous on veut se battre avec tous ceux qui se battent contre la loi travail". Après avoir rappelé l’enjeu des luttes actuelles, les interventions s’enchaînent, expliquant les modalités de lutte ici et là : à Bretigny, explique un cheminot, "c’est surtout des non-syndiqués qui prennent en charge une lutte qui les concerne".

Vidéo : Interventions de cheminots d’Austerlitz et Brétigny

Les étudiants de l’AG interfac-interlycées région parisienne qui ont beaucoup participé à l’organisation de l’événement en rappellent les enjeux : "on a vu durant ce dernier mois un réveil de la classe ouvrière, et dans ces luttes, les étudiants ont un rôle à jouer". Le mot d’ordre : solidarité avec celles et ceux qui luttent pour que nous ayons un avenir meilleur.

Vidéo : Intervention d’Elsa, étudiante à Paris 1

Clément, intermittent, comédien de la compagnie Jolie Môme a rappelé l’importance de la lutte pour l’indemnisation des chômeurs : "on veut que 100% des chômeurs soient indemnisés". Une évidence peut être, sauf qu’actuellement, seuls 60% d’entre eux le sont.

Vidéo : Intervention de Clément de la Compagnie Jolie Môme

Finalement, un cheminot, Philippe, a tout simplement rappelé qu’une lutte, ce n’est pas qu’arrêter le travail : c’est aussi créer de nouveaux liens, apprendre à connaître les gens, s’émanciper. "C’est pas quelque chose qu’on vit tous les jours : ce qu’on vit en ce moment, on s’en souviendra longtemps". Au son des Zapatriotes, tout le monde danse et oublie un temps les tracas des lacrymos : la grève est une fête.