Notre classe

Témoignage d’un ouvrier de Smart

J’ai été licencié pour avoir laissé mon téléphone sur la table de pause

Publié le 26 octobre 2016

Nous relayons ci dessous le témoignage d’un ouvrier de Smart, syndicaliste combatif de la CGT, qui s’est vu notifier un licenciement pour un motif pour le moins absurde. A savoir, avoir laissé posé sur une table de pause ... son téléphone portable ! Déjà dans le collimateur suite à une interview au sujet du fameux référendum chez Smart, cet ouvrier a décidé de porter l’affaire devant les prud’hommes pour licenciement abusif. En effet, c’est bel et bien parce qu’il s’agit d’un travailleur combatif que la direction de Smart cherche à le virer.

Ouvrier en production automobile chez smart France depuis 2008. Jusqu’ ici tout allait bien, enfin le mot laisse a désirer. Octobre 2015 l’entreprise propose un référendum consultatif pour travailler 39h payé 37. J’en passe les détails à ce sujet vue qu’il a été médiatisé.
Suite a ce vote défavorable de la part des ouvriers l’entreprise menace de délocalisation et vice versa.

Ensuite l’entreprise prend la décision de faire signer un avenant au contrats des ouvriers voulant ce pacte. Là aussi j’en passe des détails.
Venons-en à moi. Je suis syndiqué à la CGT depuis mes premières heures. Et cette année j’ai décidé de faire partie de la commission d’exécution pour m’intégrer plus dans le syndicalisme.

Venons-en au pacte 39h. En fin d’année 2015 j’ai témoigné à vos confrères de Europe 1 sans rester dans l’anonymat. Ce témoignage m’a valu une autre tournure de mes conditions de travail et de changement au sein de ma petite équipe qui était bonne et solidaire. Un matin de février suite à un retard au poste de 3 minutes j’ai prévenu mon supérieur par téléphone de ce qu’il m’était arrivé, j’ai fait de mon mieux pour être dans les temps voire même mis ma vie en danger pour arriver à temps et ne laisser aucune remarque. A mon arrivée personne ne prête attention et je continue mon travail 2 jours passent premier courrier de convocation à un entretien pour avertissement.

J’ai reçu un avertissement de travail pour un simple retard de 3 minutes. Soi-disant que je n’ai prévenu personne. Mes appel enregistrés dans mon téléphone pour preuves mais là encore j’avais l’impression de parler à des gens d’une autre sphère. Et suite à ça, à peine 2 semaines se sont écoulées après le premier avertissement et voilà une nouvelle convocation à un entretien sans savoir les causes de ce dernier. Je vais à cet entretien de licenciement sans savoir la raison de celui-ci et là on me reproche d’avoir laissé posé mon téléphone mobile sur une table en bord de ligne de production. Cette table là sert aux pauses café et toutes sortes de collations, pour moi et mes collègues. Bien qu’en travaillant à 5 mètres de cette table, on m’a reproché d’utiliser mon téléphone en ligne. Je leur ai bien expliqué que depuis 2008, ce téléphone se trouve à cet endroit où personne mais vraiment personne n’a jamais fait de remarque particulière.
Suite à cela, je pensais avoir mon deuxième avertissement, mais non le dernier courrier c’est bien mon préavis de licenciement qu’ils m’ont fait parvenir pour causes réelles et sérieuses à cause de ce téléphone posé sur une table de pause.

Voici mon récit. A ce jour je suis chômeur, père de famille et propriétaire d’une maison qui, suite à ces événements, va sûrement me valoir le divorce et la séparation de mes enfants. Je passe des détails de tout ce qui m’est arrivé entre temps. J’aimerais que ces méthodes de licenciement soient entendues pour que les camarades puissent, à l’avenir, anticiper les revers du patronat et réagir sans en être inquiétés. J’espère que mon témoignage, comme tant d’autres, pourra donner des sentiments de révolution pour un avenir meilleur.