Notre classe

Fierté ouvrière face aux politiciens professionnels à la botte du patronat

« Je ne suis pas votre amie ! », une syndicaliste martiniquaise tient tête à Bruno Le Maire 

Publié le 21 octobre 2016

C’est dans « L’émission politique », sur France 2, relayée ensuite par énormément de médias qu’une syndicaliste a remis en place Bruno Le Maire alors qu’il tentait de dénigrer les syndicats français. Si le moment que les médias reprennent en boucle est celui où la syndicaliste martiniquaise, Ghislaine Joachim-Arnaud, rétorque avec véhémence à Bruno Le Maire : « Tout ça c’est du pipi de chat ! », répondant ainsi au ton méprisant du député à l’égard de cette syndicaliste combative, les médias cachent le reste de l’échange. L’interpellation de Bruno Le Maire par la secrétaire générale de la CGT Martinique était pourtant très politique et visait à démasquer l’hypocrisie d’un candidat à la primaire de la droite qui peine à décoller dans les sondages.

Laure Varlet

L’émission de France 2 avait soi-disant pour objectif que des « citoyens » puissent poser des questions au candidat à la primaire de la droite, Bruno Le Maire. Après avoir rappelé que le député-candidat à droite accuse les syndicats, et notamment la CGT, de « bloquer les réformes », le présentateur de l’émission donne la parole à Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire de la CGT Martinique, qui ne va pas hésiter à dire ses quatre vérités à ce candidat au service des patrons : «  Après avoir dit qu’il donne liberté au chef d’entreprise pour décider de la durée légale du temps du travail, après avoir attaqué les conditions de vie des travailleurs, aujourd’hui il veut s’attaquer aux organisations des travailleurs, alors que les travailleurs n’ont que ça pour les aider à combattre les injustices de cette société basée sur l’exploitation des salariés ».

Au retour sur le plateau de France 2, Bruno Le Maire essaie de discréditer, avec un ton moqueur et méprisant, les paroles de cette syndicaliste combative, et il affirme : « je suis favorable au syndicalisme, il faut qu’il y ait plus de dialogue social dans l’entreprise. Mais après il y a un syndicalisme politique. Quand j’entends la CGT prendre position sur l’élection présidentielle, ce n’est pas son rôle ; quand je vois la CGT prendre position contre les forces de l’ordre, ça n’est pas son rôle », et puis « le droit de grève n’est pas le droit de bloquer le pays ». En effet, les candidats des patrons ont intérêt à ce que les travailleurs ne fassent pas de politique, et c’est cette idée que Bruno Le Maire défend avec virulence, en faisant preuve de tout le mépris de classe qu’on pouvait imaginer de la part d’un candidat à la botte du patronat.

Après que Bruno Le Maire l’ait appelée « Ghislaine » à plusieurs reprises, encore une fois d’un ton méprisant, comme si le candidat de la droite allait apprendre des choses à cette militante combative, Ghislaine l’interrompt pour lui rappeler que « Je ne suis pas votre amie. Vous êtes dans un camp, je suis dans un autre ». Et puis elle finit par dénoncer que « Tout ça c’est du pipi de chat ! On vit dans une société où il y a des patrons, des employeurs, des salariés, des exploités, des millions de gens qui ont des emplois précaires. C’est ça la vérité. Vous voulez supprimer le droit pour les travailleurs de présenter leur candidat au travers des organisations qu’ils ont choisies. Continuez comme ça et vous verrez que les opprimés et les exploités sauront se mettre debout  ». Donc loin de l’approche caricaturale que les médias dominants veulent donner à la confrontation entre Ghislaine Joachim-Arnaud et Bruno Le Maire, c’est bien l’histoire d’une militante de la classe ouvrière qui tient tête face à un politicien professionnel au service des riches et des patrons.