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Politique

La bataille du rail sur les réseaux sociaux.

#JeSoutiensLaGrèveDesCheminots : le sondage ne lui convenant pas, Le Point remet les compteurs à zéro

Alors que le gouvernement met en place son discours pour discréditer les grévistes de la SNCF aux yeux des utilisateurs, la riposte s’organise sur les réseaux sociaux. Twitter, Facebook, mais aussi les sondages en ligne, sont le théâtre d’une bataille sans merci pour enrayer le plan de communication du gouvernement et des principaux médias.

Hashtags de soutien et détournement de #TeamSNCF

Cheminots « égoïstes », grève « irresponsable », le discours contre la grève des cheminots reprend les vieux poncifs traditionnels. Les principaux médias y vont aussi de leurs micros-trottoirs et autres reportages alarmistes montrant des quais et des trains bondés. L’objectif est clair, isoler les grévistes et rendre la grève impopulaire afin que le mouvement décline rapidement.

Depuis la lutte contre la loi travail en 2016, l’importance des réseaux sociaux pour mobiliser, diffuser les informations et les caisses de grève est largement connue. Cette année, un hashtag des plus explicites a fait son apparition et s’est largement diffusé : #JeSoutiensLaGrèveDesCheminots. Ce mot clef a servi à diffuser des messages de soutien à la grève, autant de la part des syndicats et des cheminot.e.s que de la part de simples usagers. La popularité fut au rendez-vous et, en l’espace d’un week-end, il se hissa parmi les tendances du Twitter français.

Pendant les deux jours d’action du 3 et 4 avril, c’est le hashtag habituellement utilisé par les services de communication de la SNCF que les cheminots se réapproprient : #TeamSNCF. Ce détournement des moyens de communication de la direction un jour de grève a permis aux grévistes et leurs sympathisants de communiquer directement et d’entraver la direction.

Détournement des sondages du Point

Avec l’avènement des réseaux sociaux, un nouveau type de micro-trottoir a vu le jour via des votes en ligne sous la forme de referendums populaires. Le magazine Le Point, particulièrement friand de ce type de consultations auprès de ses lecteurs, a posé une première question : La grève des cheminots de la SNCF vous semble-t-elle justifiée ? Après plus de 100 000 votes, le résultat est sans appel : presque 57 % des votants était favorables à la grève. La rédaction du magazine, sûrement mécontente du résultat, a posé une nouvelle question : Soutenez-vous les cheminots dans leur grève ? Encore une fois le résultat donne 57 % de votants favorables aux cheminots.

Ces sondages, sans aucune valeur scientifique, avaient pour objectif d’isoler les cheminots en donnant l’impression d’une masse de votants opposés à leur grève. Manque de chance, les sondages furent largement relayés sur les réseaux sociaux par des sympathisants à la grève rendant l’opération de propagande impossible.

La bataille de la communication

Ce qui se joue sur les réseaux sociaux est une lutte autour de la communication sur le mouvement social. En effet, Macron et son gouvernement tablent sur l’isolement et l’impopularité des cheminots pour tuer la grève dans l’œuf. Afin de rompre cet isolement et de permettre à d’autres secteurs d’activités de se lancer dans la lutte, il faut que la grève des cheminots jouisse d’une certaine popularité.

Les réseaux sociaux servent aussi à partager les caisses de grève en ligne. Ces cagnottes sont le principal outil qui permettra à un mouvement dur de s’inscrire dans la durée. Une caisse de grève mise en ligne le 23 mars a déjà reçu plus de 10 000 contributions atteignant un total de plus de 340000 euros, affirmant la popularité du mouvement.




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