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Politique

De retour sur les lieux du crime

Jean-Michel Blanquer à l’Université d’été du patronat. Tout un programme (scolaire)

Parmi les invités du patronat, cette année, pour la dix-neuvième édition de l’Université d’été du Medef, il y aura un invité de marque : Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education. Le lien entre l’école et le monde de l’entreprise ? Pour les macroniens, plus encore que sous les gouvernements précédents, il n’a jamais été aussi clair. Pas sûr que les élèves et les jeunes y trouvent leur compte.

Crédits : P. Huguen - AFP

Blanquer est un habitué du patronat et de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. Avant de rentrer en fonction rue de Grenelle en tant que ministre de l’Education de Macron, ce proche de François Baroin, suffisamment à droite pour avoir été consulté par Fillon pour son programme sur l’Education, était directeur de l’ESSEC, l’autre « grande » école de commerce parisienne, concurrente d’HEC. Blanquer, à Jouy-en-Josas, ne sera donc pas en terrain inconnu.

Un coup à droite

En bon pro de la com’, même s’il refuse de se présenter comme un professionnel de la politique, Blanquer a labouré le terrain avant son intervention devant les patrons, prévue mercredi. Dans une longue interview à L’Obs décryptée par B. Girard, il a repris la vieille rengaine de la droite la plus réac’ au service de laquelle il a officié lorsqu’il était recteur en Guyane, à Créteil puis Degesco, c’est-à-dire numéro 2 de l’Education Nationale, sous Sarkozy, avec Luc Chatel comme ministre : tout y est passé, avec les charges convenues contre le soi-disant « égalitarisme » qui plomberait le système scolaire hexagonal et, bien entendu, les « méthodes pédagogiques fragilisantes » dont seraient comptables les enseignants. N’en jetez pas plus !

Un coup de fausses promesses

Appliquant néanmoins à la lettre la stratégie du balancier d’un Macron qui se veut « et de droite, et de gauche », Blanquer a concédé, en contre-point, une interview aux Echos, dimanche 27 août, où il assure que les classes de CP dédoublées seront toutes pourvues à la rentrée 2018 et que le budget de l’Education augmentera. Comme les promesses n’engagent que ceux qui y croient, Blanquer n’a même pas daigné être plus précis dans ces deux annonces qui contreviennent à tout ce qu’il a fait depuis qu’il est en poste, puisque le ministre de l’Education a assuré qu’il contribuerait à l’effort austéritaire.
Interrogé, lundi 28, sur Europe 1, sur les annonces de Blanquer au sujet d’une hausse du budget de l’Education, Gérard Darmanin n’a même pas relevé. Preuve qu’entre l’interview à L’Obs et celles des Echos, c’est bien la première qu’il faut prendre en compte, la seconde étant un os à ronger pour la direction de la FSU qui, pour l’heure, à l’exception du Snesup, n’a même pas appelé à rejoindre la journée du 12 septembre contre les ordonnances.

Mais résolument du côté de Gattaz

Preuve qu’il avait également compris le message, le patronat a maintenu son invitation à l’université d’été pour que Blanquer discute d’un sujet on ne peut plus révolutionnaire : « Qui aura cette idée folle, de réinventer l’école ? ». La réinventer ? Sérieusement ? On peut avoir un doute sur la capacité d’imagination de Blanquer. En revanche, lui et la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, également conviée par Gattaz, ont la ferme intention de faire de l’école et de l’université des appendices directs des nécessités du patronat.




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