Politique

« lapsus » très révélateur

Jean-Pierre Chevènement et les dionysiens, en flagrant délit de racisme…

Publié le 30 août 2016

Dans son interview à France Inter, dans le 7-9 de Patrick Cohen du 29 août dernier, Jean-Pierre Chevènement , futur président de la Fondation de l’Islam français, mais pas « président de l’Islam de France » comme il s’en défend (chercher l’erreur), s’est illustré par toute une série de bourdes, que beaucoup mettront sur le dos de son illustre « manque de tact » pourtant révélatrices d’un profond mépris colonialiste, et de ses relents racistes.

Après son invitation à « la discrétion » pour les musulmans, J-P Chevènement enchaîne les lapsus aussi dérangeants que révélateurs de l’inconscient raciste des élites françaises. Pour celles et ceux qui auraient écouté l’interview en entier, ils remarqueront la manière dont J-P Chevènement décrit les fonctions attribués à la future fondation pour l’Islam de France.

Avant même évoquer la mise en place des cours de théologie, et la certification des imams par le Conseil français du Culte musulman (une création de l’ex-président Sarkozy, rappelons-le), J-P Chevènement rappelle que cette fondation aura pour but d’enseigner le « civisme » aux futurs imams - pour pouvoir l’enseigner aux musulmans sans doute aurait-il voulu continuer. Une remarque qui laisse pantois par son caractère à peine implicite…

Interrogé sur la question de la laïcité, il n’y aura « aucune confusion des genres » précise-t-il. En effet, quand le pouvoir politique de la République française est aussi explicite sur la mise sous tutelle d’un culte voire d’une communauté toute entière on a de quoi en douter.

Passé sous silence, ce lapsus profondément raciste sur la question du « civisme » des imams a été effacé derrière un autre l’étant tout autant. Celui qui a défrayé la chronique en entrant en polémique y compris au sein des rangs socialistes est le suivant :

« Prenez le métro pour aller à Saint-Denis ou a Sarcelles [...] Regardez ce qu’il se passe, commet ça se traduit au niveau de l’école, par 80% des enfants, à l’école primaire, ne maîtrisent pas le français. [...] Le processus de l’intégration n’est plus possible puisqu’il y a à Saint Denis 135 nationalités mais une qui a quasiment disparu ».

L’élu PS de Seine-Saint-Denis, Mathieu Hanothin a lancé une pétition pour réclamer la démission de Chevènement auprès du président, tandis que Stéphane Peu, maire adjoint de Saint-Denis pour la Front de Gauche a dénoncé ces propos « scandaleux et racistes » assimilant le fait d’être français (ce qui concerne plus de 70% des habitants de Saint-Denis) et d’être blanc. Des propos qui au-delà de la polémique sur la dimension raciste de cette déclaration, continue d’assimiler « l’étranger » à un ennemi intérieur, compliquant la tâche « assimilationniste républicaine » et par la même validant les thèses xénophobes et racialistes du Front National.

«  Nous sommes dans une République dont le principe est l’égalité de tous les citoyens devant la loi, et non pas une société multi…. [Confessionnelle, si, si, nous sommes dans une société multiconfessionnelle chose permise notamment par la laïcité] comment dit-on communautariste [encore mieux] » poursuit-il dans l’interview.

Quand on connaît les « dérapages » de l’édile, ses propos sur le « viol des nègres  » en Centrafrique, sur la « discrétion », au « civisme » à conserver pour les musulmans, maintenant sur l’assimilation entre couleur de peau et nationalité, il ne s’agit plus de simples « lapsus ». Ces déclarations révèlent les réflexes racistes et colonialistes imprégnés au sein de cette caste de l’élite française, et dans un contexte de libération de la parole raciste, largement initiée par le FN mais également par le gouvernement actuel, c’est le « naturel » qui revient au galop.