Politique

Dix ans après le CPE

Jeunes du NPA. Loi El-Khomri ? Nous refusons d’être de la chair à patron

Publié le 26 février 2016

Nous reproduisons ici le communiqué du NPA-Jeunes autour de la loi El-Khomri.

Le projet de loi El Khomri sonne, avant même son passage devant le conseil des ministres, comme la plus grosse attaque faite aux travailleur-se-s et aux jeunes de la part du gouvernement PS durant son quinquennat. Remise en cause "non officielle" mais bien réelle des 35 heures (jusqu’à 60 heures par semaine !), remise en cause du temps de repos (possibilité de fractionner les 11 heures de repos obligatoires), remise en cause de la durée légale de congés en cas de décès d’un proche, plafonnement des indemnités prud’homales, mise en place d’un « droit au licenciement abusif », primauté donnée aux accords d’entreprises par rapport aux accords de branches, possibilité de référendums au sein des entreprises en cas de "blocage" des syndicats... tout y passe !

Dans cette attaque tous azimuts contre nos conditions de travail, la jeunesse travailleuse, scolarisée ou non, est particulièrement visée, car c’est déjà bien souvent elle qui occupe les postes les plus précaires. Cerise sur le gâteau pour les plus jeunes, le temps de travail des apprentis de moins de 18 ans pourra désormais être, et sur simple exigence de l’employeur, de 10 heures par jour et de 40h par semaine ! Entre sur-exploitation et fragilisation de nos droits, le gouvernement n’a pas fini de nous transformer en chair à patrons.

En grande difficulté dans les sondages, l’actuel président de la République tente par tous les moyens de convaincre jusqu’au bout le patronat qu’il est le soldat le plus à même de mener l’offensive contre les travailleur-se-s. Pour autant, cela fait déjà un bout de temps que le gouvernement Valls nous a prouvé qu’il défendait les intérêts du MEDEF : l’ANI, le Pacte de Responsabilité et les lois Macron et Rebsamen ont préparé le terrain de cette immense offensive contre le monde du travail. Et côté mise en œuvre pratique, la prologation de l’état d’urgence, la violence de la répression anti-syndicale ces derniers mois notamment à l’encontre des salariés d’Air France ou de Goodyear, et le désormais routinier 49.3 seront autant de matraques pour chercher à nous faire avaler la pilule.

Mais dans ce contexte d’attaque généralisée contre le monde du travail, la jeunesse à un immense rôle à jouer. Nous devons porter nos revendications dans un mouvement de convergence à même de renvoyer le gouvernement dans les cordes : la requalification des jeunes travailleurs précaires en CDI, des stages payés comme de vrais emplois, le partage du temps de travail entre toutes et tous et sans diminution de salaire et l’interdiction des licenciements. Plus de 20 ans après la lutte contre le contrat d’insertion professionnelle (CIP) et 10 ans après le contrat première embauche (CPE), la jeunesse doit à nouveau mettre en échec les projets du gouvernement et du patronat !

Aujourd’hui, la solution ne viendra pas d’un quelconque dialogue mais bien de la mobilisation des jeunes et des salariés en descendant dans la rue, par la lutte et en faisant grève tous ensemble. Pour cela, il est nécessaire de s’organiser dans nos lieux d’études ou de travail. Nous appelons par ailleurs l’ensemble des organisations de jeunesse et du mouvement ouvrier à nous rejoindre pour construire cette mobilisation. Une mobilisation d’autant plus que nécessaire que le gouvernement Hollande cherche à faire taire notre droit à la révolte.

Imposons le retrait du projet de loi El Khomri et des mesures liberticides !


NPA-Jeunes, Montreuil le 23 février 2016