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Société

Un mois de couvre-feu !

Joué-les-Tours. Malgré la féroce répression, la révolte continue

Depuis le 24 décembre, un couvre-feu pour les moins de 17 ans a été instauré dans la commune de Joué-lès-Tours, une réponse ultra répressive à la révolte depuis plusieurs jours dans la ville, qui ne manque pas de mettre de l’huile sur le feu.

Un noël répressif pour les jeunes de la ville

C’est le soir de noël que le maire de la ville, Frédéric Augis, a signé un arrêté municipal imposant un couvre-feu pour les moins jeunes de moins de 17 ans instauré dans les secteurs de la Rabière, du Morier, du centre-ville et de la Vallée Violette. La jeunesse de Joué-lès-Tours sera donc réprimé si elle sort après 22 heure et ce jusqu’à 6 heure du matin, cette restriction de liberté durera un mois ! Un cadeau pour ses jeunes qui s’inscrit dans une poursuite de la politique répressive de l’État.

C’est suite à différents évènements, mais surtout à des voitures brûlées que cette mesure a été mise en place. La ville de Joué-lès-Tours a déjà connu ce type d’épisode durant la Toussaint, lors de la « purge » qui avait donné lieu à des allumages de feux dans tous le pays. A Joué-lès-Tours, ce serait plus de 50 voitures qui auraient étés brûlés depuis octobre, ce qui donne pour la mairie une des raisons de la mise en place du couvre-feu.

A peine mis en place le 24 décembre, la réponse a été directe de la part de différents groupes de jeunes, qui ont, une nouvelle, fois brûlé des voitures. La présence des policiers a envenimé la situation plus qu’autre chose.

Une politique toujours plus autoritaire}}

Cette mesure n’est pas anodine, dans une ville qui a fait le choix de répondre aux violences par la répression, en demandant constamment des hausses d’effectifs répressifs, mais aussi en installant toujours plus de caméras.

Le ras le bol vis à vis de cette politique c’est notamment fait sentir dans la soirée du 26 décembre, lors d’une interpellation d’un jeune, par une compagnie de CRS récemment déployé dans la ville, qui s’est heurté à l’énervement d’un groupe de jeunes.

Vers une explosion dans les quartiers populaires ?

Le quartier de Joué-les-Tours est connu pour avoir été impliqué dans les émeutes des années 1990. En 1995, une semaine d’émeutes faites suite à une agression raciste dans les cités. Régulièrement, la présence policière agressive fait monter les tensions. Mais les évènements de ces derniers jours s’inscrivent dans un contexte particulier : celui de la mobilisation des Gilets Jaunes. Une radicalité qui pourrait contaminer, et à laquelle participe déjà les habitants. Peut-on assister à une nouvelle explosion dans les quartiers populaires ?

Crédit photo : AFP




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