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Politique

Contre la hausse de la CSG

Journée de manifestation contre les attaques du gouvernement : les retraités dans la rue !

Emmanuel Macron prend aux pauvres pour donner aux riches. Et parmi ces pauvres, les retraités sont particulièrement touchés. La hausse de la CSG va grever leur pouvoir d’achat, et c’est pour cela que les syndicats avaient appelé à des manifestations, partout en France.

Crédits photos : ©Jean-Victor Semeraro

Hausse de la CSG : moins 204€ par an pour les pensions de 1000€ par mois

La guerre des nantis contre les petits continue et devrait toucher particulièrement les seniors : la suppression des cotisations chômage et maladie, destinée à nationaliser l’assurance chômage et la Sécu pour sortir les syndicats de leur gestion, s’est faite par une augmentation de 1,7 % de la CSG, un impôt qui touche tous les revenus, et notamment ceux des retraités. Selon l’intersyndicale (CGT, FO, CGC, CFTC, FSU, Solidaires, FGR), cette augmentation de 26 % de l’impôt va particulièrement toucher les petites retraites : 204€ par an pour une pension de 1000€ par mois, 408€ par an pour une pension de 2000€. Si le gouvernement avait promis que cette hausse serait atténuée par la baisse de la taxe d’habitation, on se rend compte que ces promesses n’étaient en réalité qu’une manière de cacher ce qui est simplement une augmentation d’impôt pour les plus précaires, car la taxe d’habitation ne concerne pas les 40 % des retraités les plus modestes, qui en sont exonérés ou qui sont soumis à la CSG à taux réduit. Un mensonge qu’entendaient dénoncer les syndicats, soulignant aussi que le relèvement des pensions, de 0,8 % ces derniers mois, n’a même pas dépassé l’inflation. Odette, à la retraite depuis 16 ans, n’a que 800€ par mois. Elle confiait ainsi à La Dépêche « Je ne sais pas combien il va me rester avec cette réforme. Je fais attention à mes dépenses, il y a des choses que je n’achète plus comme des vêtements. Je vais tous les jours chercher mon colis aux Restos du cœur, ça aide. Vous imaginez, j’ai travaillé toute ma vie et je me retrouve avec rien ».

Manifs en région

Les manifestants étaient ainsi nombreux dans toute la France : selon les organisateurs, plus de 10 000 dans la capitale, 4000 à Toulouse, 2000 à Bordeaux et Lille, 1500 à Tours, 1200 à Caen, 1000 à Brest et Angoulême, Montpellier et Rouen, 700 à Besançon et Perpignan, 600 à Saint Nazaire, 500 à Lorient, Clermont-Ferrand, au Mans et à Bayonne, 450 à Pau et Roanne, 400 à Châlons-en-Champagne, Saintes, Epinal, Périgueux, Epernay et Reims, 350 à Dijon et Morlaix, 300 à Chaumont, Béziers, Saint Brieuc, Strasbourg, Albertville, La Roche-sur-Yon et Rennes, 250 à Charleville-Mézières, Chambéry, Privas et Lannion, 200 au Puy-en-Velay et un peu plus de 100 à Vesoul, Saint-Etienne et Saint Malo.

En tout, c’est donc plus de 40 000 personnes qui ont manifesté contre les attaques des retraités un peu partout en France. Un chiffre important pour les organisateurs, qui ont vu beaucoup de nouvelles têtes dans les manifestations : de toute évidence, la hausse de la CSG a fait davantage réagir que les manifestations contre la hausse des prix.

A Paris, une solidarité entre les étudiants et les retraités

« De l’argent pour les facs et les retraités, pas pour la BAC ni pour l’armée » : c’est le genre de slogans qu’on a pu entendre à la fin de la manif parisienne, où un petit cortège d’étudiants des universités de Nanterre et de la Sorbonne s’était réuni, à la fois en solidarité avec les retraités, mais aussi pour leurs propres revendications. Léa, étudiante en histoire à Paris 1, militante au NPA Jeunes, explique ainsi que « si on est dans la rue aujourd’hui, c’est avant tout pour dénoncer les attaques qui concernent toute la population, qu’on soit étudiant, lycéen, chômeur, salarié du public ou du privé, ou encore retraité. Pour les étudiants, la baisse des APL et des budgets universitaires, mais aussi la sélection en licence qui est dans les cartons du gouvernement, tout ça nous pousse à descendre dans la rue aujourd’hui aux côtés de ceux qui se sont battus pour ces droits-là. On est d’autant plus solidaires qu’on a un même ennemi : un gouvernement qui prend aux pauvres, qu’ils soient étudiants ou retraités, pour donner aux riches. La baisse des APL et la hausse de la CSG sont des mesures qui touchent à nos porte-monnaie quand il nous manque parfois 50€ à la fin du mois ; pendant ce temps-là, le gouvernement donne des cadeaux aux riches, comme la réforme de l’ISF ! ».




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