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Genres et Sexualités

Solidarité avec les femmes du monde entier

Journée européenne du droit à l’IVG : pour une lutte féministe internationale !

Alors que Macron faisait de son discours sur l'Europe, à la Sorbonne, mardi, une vaste déclinaison impérialistico-hexagonale du projet européen, le droit à l'IVG a sans surprise été le grand absent du discours.

Manifestation pour la défense de l’IVG en janvier 2015 afp.com/Lionel Bonaventure

Le droit à l’IVG est aujourd’hui directement attaqué dans plusieurs pays, inexistant dans d’autres et les inégalités persistent même où il est légalisé : comme en France. Macron qui n’a cessé de multiplier ses promesses pour les droits des femmes depuis sa campagne présidentielle, ne les a évidemment pas tenues. Quand pourtant dans plusieurs pays européens, ils sont sérieusement menacés comme par exemple en Pologne, en 2016, ou en Espagne en 2014, sans parler de Chypre, de Malte ou encore l’Irlande.

Les droits des femmes sont menacés en Europe mais également dans le reste du monde. Nous défendons que la lutte pour les droits des femmes dépassent les frontières de l’Europe et devraient être internationaux.

Au quotidien, y compris en France, le droit d’avorter fait l’objet d’une bataille, entre les centres qui ferment, certains médecins qui refusent l’acte, ou encore les groupes pro-vie qui manifestent et sont présents sur internet pour diffuser leur discours anti-choix en se faisant passer pour des sites d’information.

Rappelons que le droit à l’IVG n’existe en France que depuis 1975 et qu’à l’époque il a fait l’objet d’une bataille acharnée à l’Assemblée nationale. Il prenait la suite des batailles judiciaires, au début des années 70, menées par Gisèle Halimi notamment, qui était également signataire du « Manifeste des 343 salopes » qui reconnaissaient publiquement avoir recouru à l’avortement. Ce droit, conquis par les luttes et les mobilisations, dans la rue, dans les quartiers, dans les familles et sur les lieux de travail et d’études des féministes venait clore toute une période de forte pénalisation.

Il a fallu toute la force des mouvements féministes dans les années 60 et 70 pour accéder à ce droit de disposer de son propre corps. C’est encore la mobilisation des femmes en Pologne ou dans l’Etat espagnol, notamment par la grève, qui a contraint les gouvernements à renoncer à la modification des lois encore en vigueur dans ces Etats, quand les majorités réactionnaires au pouvoir essaient d’y attenter. Dans le monde, le droit à l’avortement n’est accessible qu’à 39,5 % des femmes, et les avortements illégaux, faits dans des conditions sanitaires dangereuses, provoquaient en 2016 près de 47 000 décès.

La journée de mobilisation du 28 septembre est l’occasion de rappeler que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis, qu’ils sont les premiers à être remis en cause par les politiques réactionnaires et qu’ils doivent encore être conquis dans de nombreux pays dans le monde. C’est donc, par-delà les frontières européennes que la lutte pour permettre à toutes les femmes de disposer de leur corps est nécessaire pour que leur soit reconnue la liberté de choisir pour elles-mêmes, contre les injonctions et les contraintes du patriarcat.




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