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Politique

Même devant la maladie ou la mort, le capital divise

Journée mondiale de lutte contre le SIDA ? Des inégalités criantes dans l’accès aux soins

Ce 1er décembre, c'est la journée mondiale de lutte contre le SIDA, une journée pour dénoncer le sort réservé aux séropositif-ve-s partout dans le monde et parler des moyens de lutter contre la pandémie.

Mais ici comme ailleurs, même si les moyens investis ne sont pas comparables, l’hypocrisie est de mise : en mai 2016, les maires d’Angers et d’Aulnay-sous-Bois ont fait retiré des affiches d’information sur les risques de contamination, au prétexte qu’elles choqueraient les enfants... A l’échelle internationale, la pandémie se révèle et s’accentue avec les inégalités socio-économiques : plus de 90 % des personnes contaminées se situent dans les pays les plus pauvres, dont une grande partie sur le continent Africain, où plus de 25 millions de personnes vivent avec la maladie en 2017.

En France, la loi qui autorise les soins funéraires pour les séropositifs doit entrer en vigueur en janvier 2018 – une mesure qui vient longtemps après que les conditions de contamination soient parfaitement connues des personnels de santé, et qui a installé, depuis 1998, une discrimination envers les personnes séropositives et leurs familles. De la même manière, pour l’accès aux soins, les déremboursements de traitement dits de « confort » précarisent encore plus une population qui, avec la maladie, voit sa situation économique très souvent fragilisée.

En France encore, une loi a modifié en 2010 (sous Sarkozy) l’accès aux soins des malades étrangers dans le cadre de l’AME (aide médicale d’Etat) : au lieu de soigner les malades n’ayant pas accès aux soins dans leur pays d’origine, l’AME ne prend désormais en charge que les malades dont le pays d’origine ne propose pas de soin. On a donc remplacé les conditions d’accès (facteur fortement socio-économique, dans les pays les plus pauvres) par le fait d’un système de soins existant dans le pays, que les populations puissent ou non payer pour y accéder. Il s’agit d’une régression sociale qui confine au scandale pour les personnes malades.

La journée mondiale de lutte contre le SIDA doit être l’occasion de réaffirmer le principe du droit au séjour pour soins en faveur des étranger-ère-s séropositif-ve-s et de dénoncer le rôle des inégalités sociales dans la propagation et le taux de mortalité dû à la maladie : en Afrique, le SIDA reste la première cause de mortalité, alors que des traitements anti-rétroviraux existent depuis la fin des années 90. Mais ceux-ci sont restés longtemps inaccessibles aux populations les plus précaires, parce que les laboratoires ont fait obstacle autant que possible à leur passage en génériques, moins chers pour les pays les plus pauvres. La lutte contre le SIDA requiert des moyens de coopération à l’échelle internationale et les grandes lignes de fractures qui se révèlent dans la propagation de la maladie viennent rappeler que les inégalités concernent aussi l’accès à l’information, à la santé, à l’éducation : il n’y a pas d’égalité face à la maladie. Et même sur ce volet-là, il faudra renverser le système, pour pouvoir vivre et soigner correctement tous et toutes.




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