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Taux de grève exceptionnels dans les gares parisiennes

Journée sans cheminots : « ce ne doit pas être une journée sans lendemain »

Ce 14 mai, les cheminots sont appelés à cesser toutes leurs activités pour une « journée sans cheminots ». Une grande réussite, avec des taux de grévistes important dans tous les corps de métiers.

Dans les gares parisiennes, c’est l’effervescence : les assemblées générales de cheminots sont plus importantes que durant tout le mois d’avril, avec 250 cheminots à Gare du Nord et 150 à Saint Lazare. Une détermination qui se reflète dans les taux de grève très élevés : plus de 80 % des roulants sont en grève aujourd’hui pour la gare Saint Lazare, militarisée encore une fois pour l’occasion. Il faut dire que les cheminots avaient préparé la journée : des piquets de grève dès 5h du matin pour convaincre les collègues d’arrêter le travail pour cette journée « sans cheminots ». Cécile, en grève depuis le 22 mars, syndiquée à Sud Rail, explique leur démarche : « on essaye de convaincre tous les travailleurs du rail. Les roulants sont beaucoup en grève, mais les commerciaux aussi sont importants : quand on arrête de vendre des billets, l’argent arrête de rentrer dans les caisses. On est tous cheminots, y compris les femmes de ménages, les agents de départs, etc. ».

Même état d’esprit à Austerlitz, dans le sud est parisien, où les travailleurs du nettoyage, majoritairement des femmes, souvent à temps partiel, qui nettoient les trains sont venues saluer les cheminots en grève et se joindre à leur combat. Bien que discrètes, leur présence en dit long sur cette « bataille du rail », qui, loin d’être uniquement la bataille des cheminots au statut, est aussi un combat contre la précarisation du rail incarnée dans la sous-traitance de plus en plus importante à tous les niveaux.

Cette journée particulièrement suivie par les cheminots est aussi soutenue par tous les autres secteurs en lutte : à Gare du Nord, une quinzaine d’étudiants de Tolbiac est venue en solidarité, manifestant aux côtés des cheminots. Toujours à Paris Nord, les salariés de McDonalds, qui occupent leur lieu de travail depuis plusieurs jours, sont venus renforcer ses liens entre secteurs en lutte. A Austerlitz, c’est la marche blanche de demain, organisée par les hospitaliers, qui intéressent les cheminots : « c’est l’occasion d’aller soutenir les hôpitaux et tout le service public  » explique l’un d’entre eux dans l’Assemblée Générale.

Loin de se limiter aux secteurs en lutte, le soutien vient aussi des usagers : « les usagers sont solidaires de notre combat, explique Cécile de Saint-Lazare. Malgré quelques hargneux, la majorité comprends et nous dit ‘continuez votre combat : on a besoin de vous sinon tout le monde du travail et le service public va tomber’. Les caisses de grèves qui ont dépassé le million, les opérations péages gratuits nous montrent qu’il y a un large soutien ». Un large soutien populaire qui encourage les cheminots, dont beaucoup devraient participer à la manifestation du 22 mai, bien qu’elle ne soit pas inscrite au « calendrier » de l’intersyndicale. C’est l’avis de Bastien, mécano à Saint-Lazare : « qu’on soit dans le privé ou dans le public, les attaques sont les mêmes avance-t-il. Le 22, il faut qu’on soit dans la manifestation, pour que cela devienne une date de grève : il faudra être avec les fonctionnaires.  »

Cependant, les discussions continuent sur la façon de continuer la grève. Une cheminote de gare du Nord nous confie que « si cette journée est réussie, elle ne doit pas être une journée sans lendemain ». Un avis partagé à Saint Lazare, où 33 cheminots ont voté la reconductible pour demain : « le problème c’est qu’il n’y a pas un appel à la reconductible de tous les syndicats » explique un gréviste. Une chose est sûre : le taux de grève aujourd’hui montre que le mouvement est loin d’être terminé.




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