Jeunesse

Répression Loi Travail à Montpellier

Jules Panetier. Petite ‘mise au poing’ concernant mon incarcération

Publié le 26 août 2016

Après six semaines d’incarcération à la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, me voici libre ! Merci pour vos nombreuses lettres de soutien et pour être venu enflammer la prison lors des rassemblements organisés par l’Assemblée générale contre l’état d’urgence, la seule instance souveraine de Montpellier concernant les affaires de répression d’Etat. Merci également au NPA, à BDS, à Ensemble, au Parti de Gauche et à Nuit Debout pour leur témoignage de solidarité.

Jules Panetier

Que s’est-il passé ? Depuis plusieurs mois, je lutte activement sur Montpellier contre la loi travail et son monde, et comme tant d’autres militants à travers la France, j’ai pu constater la détermination de la police et de la justice pour faire taire les révolutionnaires. Deux anecdotes parmi tant d’autres qui me sont arrivé quelques semaines avant l’incarcération : des policiers de la BAC qui s’arrêtent à mon niveau en voiture pour me prévenir que « bientôt, [ils] s’occuperont de mon cas », ou bien un contrôle sur les quais du tramway qui se finit en garde à vue par la simple volonté d’un flic m’ayant reconnu et passant par-là, parce que « les connards de gauchistes de ce genre, y’a pas besoin de raison pour les enfermer ».

C’est donc tout naturellement qu’un agent des renseignements généraux bien connu sur Montpellier, Mickaël A., a porté plainte contre moi pour injure par téléphone. Et qu’importe si l’enregistrement audio censé prouvé ma culpabilité ne correspond absolument pas à ma voix, à tel point qu’il n’a même pas été présenté lors du procès, puisque la simple parole d’un policier fait office de preuve suffisante aux yeux de la justice et que de toute façon, les procès-verbaux rédigés pendant la garde à vue ont été falsifiés entre temps.
En réalité, les faits importent peu. Les flics et les juges avaient une petite idée en tête, et ils ont été au bout de leur délire. L’objectif était double. Il s’agissait d’abord banalement d’effrayer les militants en jetant l’un des leurs en prison – d’où une peine très sévère au regard des faits –, mais là où la manœuvre est plus tordue, c’est qu’ils ont aussi tenté de me faire passer pour un indicateur pour essayer de diviser le mouvement social.

Comme d’habitude, c’est Jean-François Codomié de Midi Libre qui a assuré le service après-vente de la police en rédigeant un article sobrement intitulé « Ivre, l’indic aurait menacé le policier et ses proches ». Mensonge immédiatement repris par les sites fascistes, comme Egalité et Réconciliation (le site d’Alain Soral) ou Lengadoc Info (affilié à la Ligue du Midi), média peu gêné de son incohérence puisqu’il avait rédigé un article quelques semaines auparavant expliquant que j’étais un militant radical anti-flic.
Je remercie infiniment Jacques-Olivier Teyssier de Montpellier Journal pour avoir immédiatement démontré la grossièreté de cette manipulation médiatique, ainsi que les militants et les organisations anticapitalistes locales pour avoir rapidement rédigé des communiqués de soutien. Réjouissons-nous du fait que cette minable tentative de division du mouvement social a été un échec total.

Quelle était ma relation avec ce fameux membre des renseignements généraux ? Attention, révélation exclusive : il m’a appelé une fois, a souhaité que nous nous rencontrions, et j’ai refusé. J’ai ensuite gardé son numéro, ce dont j’avais prévenu bons nombres de militants. Aurais-je dû immédiatement brûler mon téléphone constatant qu’il était grillé ? Sûrement ; mea culpa. Pourquoi n’ai-je pas demandé un délai lors de mon passage en comparution immédiate ? Car j’étais persuadé qu’ils allaient me placer en détention provisoire en attendant le procès, mais je pensais réellement avoir une chance d’éviter la prison ferme. Ai-je été naïf ? Sûrement ; mea culpa.
Cette affaire doit être l’occasion de tirer des leçons pour affiner les stratégies de défense des militants contre la police, la justice et leurs médias, pour renforcer l’Assemblée générale contre l’état d’urgence et pour continuer à organiser des manifestations contre le système carcéral.

Feu aux prisons !
Union, action, autogestion !