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Politique

Ancien relaxé dans l’« affaire Tarnac »

Julien Coupat interpellé par la DGSI pour… de la peinture, un masque et un gilet jaune

Suivi depuis plusieurs semaines, Julien Coupat a été interpellé « préventivement » samedi matin, dans son véhicule, par la DGSI. Il a été placé en garde-à-vue car soupçonné de « participation à un groupe formé en vue de commettre des violences et dégradations ». Les pièces à conviction ? Des bombes de peintures, un masque de chantier et un… gilet jaune dans sa voiture. Il était en présence d’un ami formant un groupe de deux.

C’est en marge de l’acte 4 des « gilets jaunes » que l’ancien relaxé dans « l’affaire de Tarnac » a été interpellé, en fin de matinée, alors qu’il circulait dans sa voiture dans le 19ème arrondissement de Paris, près du parc des Buttes-Chaumont, au nord de Paris. Il était accompagné d’un proche. Selon son avocat, il était suivi par la DGSI depuis plusieurs semaines. Ainsi, il s’agissait de la part de ce service de renseignement d’une interpellation préméditée visant directement Julien Coupat. Les agents de la DGSI étaient « convaincus que la perquisition de son véhicule permettrait de découvrir un certain nombre d’objets illégaux » a expliqué son avocat.

Si le gouvernement a effectué cette interpellation en marge de l’acte 4 des gilets jaunes, celle-ci a des visées politiques. L’objectif des services de renseignements, sous la direction du ministère de l’Intérieur, visait à faire un « gros coup » en arrêtant l’une des figures militantes de l’extrême-gauche, ancien relaxé de « l’affaire Tarnac » en mobilisant un dispositif policier impressionnant avec cinq véhicules et dix agents. Une arrestation spectaculaire qui a tourné au vinaigre : la DGSI a découvert un gilet jaune, un masque de chantier et des bombes de peinture lors de l’interpellation. Son avocat ironisait même sur le caractère « comique » de la situation.

« Il a été placé en garde à vue, puisqu’il fallait justifier cette arrestation spectaculaire : cinq véhicules, dix agents... C’est comique, ils l’ont arrêté en disant qu’il faisait partie d’un ’groupement’ alors qu’il était dans sa voiture avec un ami. » Il poursuit : « Si maintenant, le fait d’être dans sa voiture avec un de ses amis et avoir un gilet jaune dans le coffre comme la réglementation européenne l’impose, c’est constitutif d’une infraction, ça devient vraiment très drôle. C’est n’importe quoi surtout ». Ainsi, la DGSI a dû justifier cette opération de police en mettant en garde à vue « participation à un groupe formé en vue de commettre des violences et dégradations ».

Cette interpellation des plus politiques s’inscrit dans une vague d’interpellations « préventives » visant notamment divers militants d’extrême-gauche, ainsi que certains des porte-paroles auto-désignés des gilets jaunes comme Eric Drouet entendu samedi matin par la Police Judiciaire de Versailles au cours d’une audition libre, autre nom pour une « garde à vue » dite libre, ou encore François Ruffin qui est dans le viseur de la DGSI. Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat à la sécurité intérieure, affirmait qu’environ 29 meneurs personnes dont des militants de l’ultra-gauche et des "gilets jaunes" dits « radicalisés » avaient été interpellés préventivement vendredi soir et ce matin.

Ces menaces, interpellations et gardes à vues « préventives » visent les militants ou personnalités politiques ayant été à l’initiative ou ayant soutenu les gilets jaunes. Le gouvernement fait un saut supplémentaire dans la répression préventive de ces personnalités se refusant à répondre par la positive à l’appel de Macron à « l’union sacrée » et à maintenir l’ordre contre les gilets jaunes, comme c’est le cas de Ruffin. Pour le cas de Coupat, c’est une revanche que l’Etat prend après le camouflet de sa relaxe à l’automne dernier. Une nouvelle provocation du gouvernement contre le mouvement social, une remise en cause des droits démocratiques de tous ceux qui, de par leur actuelle ou ancienne appartenance à une organisation politique, tout ceux qui osent appeler à se joindre à la colère des gilets jaunes.

Crédits photos : AFP PHOTO / ALAIN JOCARD




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