^

Politique

Pour la bagatelle de 150 millions d’euros

Jupiter veut son Air Force One (alors qu’il en a déjà sept autres)

Après le vol Tokyo-Paris du premier ministre, au tour du président de la République de claquer de l’argent dans les vols officiels : le président voudrait acquérir, pour 130 à 150 million, un nouvel avion présidentiel.

Crédits photos : @ ERIC FEFERBERG / AFP

Quand on est président de la République, on peut tout s’offrir : c’est le message que semble vouloir envoyer Emmanuel Macron à tous les français quelques jours avant Noël. D’après le journal patronal La Tribune l’Elysée voulait acquérir avant Noël un nouvel avion officiel, une sorte de « Air Force One » à la française. Sarkozy avait déjà fait ses caprices, en acquérant un A330 d’occasion, voilà que Macron s’y met en voulant acheter un A319neo, dont le prix oscille entre 130 et 150 millions d’euros, le tout prix sur le budget de la direction générale de l’armement (DGA) et qui doit rejoindre l’escadron de transport, d’entraînement et de calibrage de l’armée de l’air (ETEC). Pour ce prix, on se demande ce que peut bien renfermer le fameux appareil : lit double et jacuzzi pour le président ? Lors de l’achat de l’A330 par Sarkozy, pour un montant d’achat et de rénovation qui dépassait 215 millions d’euros, l’ex-président avait fait installer un four pour griller les aliments et non les réchauffer, pour plus de 75 000 euros, et avait fait installer une insonorisation pour sa chambre, pour 1,1 million d’euros… on se demande quels seront les fantaisies de Jupiter, quand on sait qu’il fête son anniversaire au château de Chambord. Surtout que ces gros porteurs présidentiels sont peu utilisés : en 2014, la Cour des comptes avait pointé le fait que l’appareil n’avait été utilisé que 11 fois par le président, dont des allers-retour à Bruxelles, pourtant à 1h30 en train de Paris.

On se demande à quoi va bien servir ce nouvel avion de luxe pour le président, quand on sait que la flotte gouvernementale compte déjà sept appareil, utilisés par le Président, le Premier Ministre et tout le gouvernement. Outre l’A330-200 « Air Sarko One », six autres Falcon (deux 7X, deux F200 LX et deux 900) sont à disposition des ministres. Le coût d’achat de la flotte, qui a été entièrement rénové à l’impulsion de Sarkozy, a été de 432 millions d’euros, d’autant plus que les coûts de fonctionnement sont particulièrement conséquents : un rapport du ministère des Armées suggère un coût total, sur la vie des sept appareils, de 1,93 milliards d’euros sur trente ans ; le tout sur les impôts de la population ! C’est comme si les 19,5 millions de foyers imposables donnaient sur cette durée 100 euros, rien que pour les déplacements luxueux du président et de ses ministres (d’autant plus qu’on se doute bien que d’ici 30 ans, un Jupiter-bis aura envie d’un nouvel avion).

Si l’affaire du Tokyo-Paris à 350 000 euros a quelque peu freiné les ardeurs de l’Elysée, qui a mis en « stand-by » le projet, ce n’est que pour « attendre d’avoir toutes les données issues de l’étude [sur les coûts et conditions de déplacement du président] afin d’éclairer leur choix » : rien ne dit donc qu’en définitive le projet est abandonné, mais le président joue la montre.




Mots-clés

Édouard Philippe   /    Emmanuel Macron   /    Politique