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Jeunesse

Si même les sciences dures s’y mettent…

Jussieu. La fac bloquée, mardi matin, rejoint le mouvement

La mobilisation grossit sur les facs parisiennes. Jussieu est la dernière à raccrocher les wagons, avec blocage et AG, mardi matin, avant de rejoindre la manifestation de l’après-midi.

Comme sur les autres sites, c’est de bon matin que les étudiants mobilisés de Jussieu se sont donnés rendez-vous, à 6h45, avec au programme installation des barrages dans l’Atrium, l’un des bâtiments dédié aux cours de licence. Les escalators et portes d’accès latérales ont rapidement été bloqués avec tables, bancs et chaises.

La sécurité a tenté de débloquer, violemment, dès 7h30, mais sans grand succès. Les agents sont intervenus avec brutalité, invectivant les grévistes, arrachant les tables et le matériel, le fracassant par terre au passage. Déterminés, les étudiants, ainsi que quelque profs et personnels présent, ont réussi à maintenir le blocage.

Sur place, dès 8h, petit-déj, jus et biscuit pour accueillir les premiers étudiants et distribuer les tracts. L’AG d’information sur la Loi ORE, le Plan étudiants de sélection que veut imposer le gouvernement, était prévue à 10h, mais face aux discussions qui se multiplient devant les barrages, la réunion d’information a commencé, en réalité, tout de suite. Beaucoup d’étudiants de cette université parisienne ont entendu parler de la loi et y sont opposés, mais peu se sont mobilisés, jusqu’à présent, puisque Jussieu est globalement restée en marge des manifestations. Ce n’est plus le cas depuis mardi matin !

Malgré quelques anti-bloqueurs et militants d’extrême droite de La Cocarde, qui interviennent avec virulence, réclamant « plus d’argent pour l’armée, pour que la France reste une nation forte, et pas pour des étudiants qui n’arrivent pas à valider leur année », l’AG débute, à 10h, avec 120 étudiants. En parallèle, une AG de personnels, qui avaient été prévue auparavant, réunit 150 salariés de la fac, à l’appel de la CGT, de Sud et de la FSU. On y revendique des conditions de travail à la hauteur de ce qui avait été promis par Chambaz, actuel président de Sorbonne Université, avant la fusion avec Paris 4, et qui n’a pas respecté ses promesses. La fusion, à Jussieu, est synonyme de davantage de pression dans les services, de restructurations forcées et de chefs qui essayent de se placer dans la nouvelle organisation universitaire, et plus de souffrance au travail, au quotidien, pour les petits personnels.

Les deux AG ont fusionné, tout naturellement, puisque c’est l’avenir du service public et les conditions d’étude et de travail qui se jouent. C’est ensemble que personnels et étudiants sont ensuite partis rejoindre le cortège parisien, rejoints par celui de Paris 3 puis celui de Paris 8, aux abords de la Place de la Sorbonne.

[Crédits photos : SF]




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