Notre classe

Solidarité contre la répression

Justice de classe. 10 mois de prison avec sursis pour Antoine, militant CGT de Valencienne !

Publié le 10 juin 2016

Trois semaines de détention dans la prison de Sequedin, un dossier vide, des appels à la libération signés par des centaines de syndicalistes, militants, artistes, et un procès politique pour Antoine, brancardier et militant à la CGT et à Alternative Libertaire : 10 mois d’emprisonnement avec sursis, ainsi que 2 ans d’interdiction dans le Nord. Cet État policier ne nous fera pas peur : plus que la libération d’Antoine, nous réclamons que ses peines soient abrogées !

Arthur Nicola

Il y a d’abord un dossier plus que vide : Antoine est accusé de violences contre les forces de police, arrêté de manière « préventive » lors de la manifestation du 17 mai à Lille. Il avait en effet osé vouloir se protéger des violences policières en portant un casque et un masque de plongée. Militant à Alternative Libertaire et syndiqué à la CGT, il est mis en garde à vue, refuse la comparution immédiate, avant d’être placé en détention provisoire. Le parquet, défendant mordicus cet État violent, n’arrive cependant pas à donner de preuves tangibles autres que les témoignages des policiers : comme par hasard, les GoPro – dont sont de plus en plus équipées les forces de l’ordre – ne fonctionnent plus. Il écope de deux ans pour s’être débattu lors de son arrestation : Antoine expliquera qu’il ne comprenait pas que c’était des policiers qui lui sautaient dessus... Peut-être parce qu’ils ne portaient pas de brassards ? Pour seul élément « à charge », le militant porte un tatouage « ACAB » (All Cops Are Bastards) : il est donc forcément un tueur de flics…

La solidarité avait été plus qu’importante pour ce militant qu’on essayait de présenter comme « casseur ». Le 29 mai au soir, des camarades avaient organisé un feu d’artifice de soutien devant sa prison. La solidarité ouvrière et militante est en effet plus forte que la violence dans laquelle tente de nous enfermer l’État. Un appel signé par plus de 350 syndicalistes, universitaires, artistes, militants associatifs et politiques de nombreux pays, avait aussi souligné à quel point ce procès politique était inacceptable et que l’union des travailleurs serait toujours présente pour toutes celles et ceux qui sont condamné-e-s pour avoir fait grève ou milité. Finalement, de nombreux rassemblements s’étaient organisés devant le TGI de Lille, avec déploiement de banderoles dans toute l’agglomération.

Après ce procès grossièrement politique, c’est de 10 ans d’emprisonnement avec sursis dont écope le militant, ainsi que 2 ans d’interdiction de manifester dans le Nord. Ces peines plus que lourdes cherchent avant tout à nous intimider. Alors que les divisions artificielles qu’ils ont tenté de nous imposer n’ont pas fonctionné, l’État cherche à nous faire peur, à nous faire rentrer chez nous. Parce que nous comprenons que toutes ces peines ne cherchent qu’à défendre les intérêts de quelques capitalistes, nous resterons debout, à lutter, que ce soit face à leurs patrons, leurs flics ou leurs juges.