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Justice pour Théo. Les médias au garde-à-vous pour défendre les flics

Après de « nouveaux éléments » donnés par la police, la plupart des grands médias se sont donné le mot : ceux-ci mettraient en lumière les « contradictions » de la version de Théo. Mais surtout, cela montre que la presse dominante sait toujours se plier en quatre pour défendre la police.

Quels sont donc les nouveaux éléments dont on parle ? Ce sont ceux donnés par Le Parisienqui affirme avoir eu accès au quatrième procès-verbal des auditions de Théo, lors de laquelle celui-ci aurait fait des déclarations contradictoires avec ses dépositions précédentes. Ainsi, une fois n’est pas coutume, ce sont les sources des policiers et de la justice elle-même au détriment de la parole de victime dont on ne connaîtra pas la version.

Pourtant, Le Parisien n’hésite pas à affirmer qu’il y aurait « une certitude aujourd’hui : les policiers n’ont pas écarté volontairement le caleçon de Théo, ni arraché son jogging, ainsi que nous l’écrivions dès le 9 février. » Et ceux-ci d’insister sur les « contradictions » de la version du jeune homme. Mais ce qui frappe quand on regarde les éléments, c’est d’abord l’acharnement judiciaire dont est la cible Théo, qui est une victime dans cette affaire. Ainsi, celui aurait été obligé de subir quatre auditions, avec l’impossibilité pour lui de relire les procès-verbaux mais aussi une volonté claire de la magistrate de remettre en cause son propos.

Catégorique, Le Parisien l’est en revanche beaucoup moins sur le viol du jeune homme : « Il reste maintenant à savoir si le policier a enfoncé la matraque volontairement. » Doit-on rappeler qu’on parle ici d’une déchirure à l’anus d’une profondeur de 10 cm, ayant occasionné 60 jours d’ITT ? Doit-on rappeler que les quatre membres de la BST (Brigade spécialisée de terrain) sont connus pour leurs méthodes particulièrement brutales, racontées aussi bien par un de leurs collègues qu’un ami de Théo ? Doit-on rappeler enfin que ceux-ci sont toujours en liberté à l’heure qu’il est ? De tout ça, il n’est évidemment pas question dans l’article du Parisien.

Dans ce contexte, la couverture des grands médias qui insistent sur les « contradictions » de version de Théo ne sont rien d’autre qu’un écran de fumée qui vise à faire oublier la réalité des faits. Dans un procès à charge contre la victime, face à la multiplication des auditions et alors qu’il vient de se faire violer, se baser sur des procès-verbaux que l’intéressé confie ne pas avoir pu relire permet-il vraiment de mettre en lumière les « contradictions » de sa version ?

Après les rumeurs sur le détournement de fond sur sa famille abondamment relayées par les médias, dont Le Parisien en tête déjà à l’époque, les manipulations du Point, les grands médias savent se mettre une nouvelle fois au garde à vous pour défendre les flics. On entendra en revanche bien moins parler de la réalité des violences policières, structurelles dans les quartiers populaires, de ces policiers qui mutilent, qui tuent et qui violent dans une impunité presque totale.




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