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Monde

La suite du sommet historique

Kim Jong-Un et Mike Pompeo : les enjeux de la rencontre

Dans un contexte de fort scepticisme et dans la continuation du sommet historique entre Donald Trump et Kim Jong-Un, le secrétaire d’Etat nord-américain, Mike Pompeo, se réunira ce jeudi 5 juillet à Pyongyang avec le dirigeant de la Corée du Nord.

Ce lundi, trois semaines après le rencontre historique à Singapour entre Donald Trump et Kim Jong-Un, la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders, annonçait que le secrétaire d’Etat nord-américain Mike Pompeo se réunirait ce jeudi 5 juillet avec le dirigeant de la Corée du Nord. Selon le soulignait la porte-parole de la Maison Blanche, le but de ce réunion sera de « continuer les efforts vers la dénucléarisation ». Pourtant, ces déclarations, loin d’exprimer les inquiétudes du gouvernement de Washington par rapport à la Corée du Nord, visent plutôt à calmer une opinion publique internationale fortement sceptique depuis les rapports apparus ce weekend.

En effet, cette annonce de la Maison Blanche se produisait dans un contexte international de fort scepticisme dû aux images satellites apparues montrant une augmentation de l’activité dans les principales usines d’enrichissements nord-coréennes. Ce weekend tant la chaîne NBC que le Washington Post publiaient une analyse avérée par un rapport confidentiel du renseignement militaire nord-américaine qui montrait la modernisation et l’augmentation récentes des principales usines d’enrichissement d’uranium et des centres de recherche nucléaires de Corée du Nord.

Or ces faits, même si ils placent le rapprochement entre Washington et Pyongyang dans une situation délicate pouvant être troublée par les secteurs le plus néo-conservateurs du gouvernement, ne vont absolument pas à l’encontre de ce qui est sorti du sommet du 12 juin entre Donald Trump et Kim Jong-Un : la Corée du Nord est et restera une puissance nucléaire que les États-Unis reconnaissent comme un interlocuteur légitime. Ainsi, même si un certain degré de dénucléarisation du pays sera atteint, notamment par rapport aux ogives de longue portée capables d’atteindre les côtes des États-Unis, le désarmement nucléaire complet de la Corée du Nord n’est pas un sujet de négociation ni à court ni à moyen terme.

Le plus probable est que de la prochaine rencontre entre Mike Pompeo et Kim Jong-Un, même en restant sûrement peu concluante, sorte au moins une liste avec quelques sites liés à des programmes nucléaires et balistiques qui puisse calmer l’opinion publique internationale et les secteurs les plus néo-conservateurs du gouvernement nord-américain. Ce qui sera fait bien sûr en échange d’un certain allégement des sanctions économiques et diplomatiques permettant de poursuivre les réformes économiques entamées par Pyongyang.

L’objectif à moyen terme de Washington, qui cherche principalement à renforcer son pouvoir dans la région du Sud-Est Asiatique, n’est pas d’annuler la capacité nucléaire de la Corée du Nord mais de l’éloigner de l’influence de la Chine, et cela, non pas tant par le biais des concessions économiques, mais surtout en devenant le garant de la sécurité de la Corée du Nord face à la Chine.




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