Révolution Permanente N° 12

RP12 - Avril 2014 - 68 pages Derrière Valls, un exécutif affaibli Combattons le pact de responsabilité Hollande-MEDEF

Le suspense n’aura duré qu’un instant. C’est l’ancien premier flic de France, un temps donné comme « ministrable d’ouverture » sous Sarkozy, qui est aujourd’hui à Matignon. Tout un symbole. Le maître mot de la politique élyséenne, après la bérézina des municipales, c’est désormais « plus vite, plus fort, plus ferme ». Reste à savoir si le changement de locataire à Matignon, sur fond de chaises musicales ministérielles, sera suffisant pour maintenir le cap de la politique radicalement propatronale choisie par Hollande avec le Pacte de Responsabilité. La presse et l’opposition s’en étaient donnés à cœur joie au cours des vingt deux mois de gouvernement Ayrault, accusé de couacs à répétition. Par delà les rivalités ministérielles, ce qui se jouait en réalité depuis l’arrivée à la présidence de François Hollande, c’était un débat sur le calendrier et l’intensité des contre-réformes et des politiques à mettre en œuvre pour répondre, dans l’intérêt du grand capital, à la crise dans laquelle l’Hexagone, plus encore que nombre de ses partenaires européens, se trouve enlisé. Après le vote-sanction des municipales, dont on a chargé Jean-Marc Ayrault et Harlem Désir, la nomination de Manuel Valls à Matignon correspond à un double objectif, le premier beaucoup plus conjoncturel et court-termiste, le second relevant de la nécessité à moyen terme (mais avec toute l’urgence d’une situation économique délétère) de mener à bien la politique économique définie par Hollande à la fin de l’année dernière.