^

Société

Nucléaire

L’ASN déclare l’EPR Flamanville apte à fonctionner

Ce mercredi 28 juin, l’ASN a jugé le Réacteur Pressurisé Européen de Flamanville apte à fonctionner, malgré les défauts de construction et les mises en gardes de plusieurs écologistes.

Crédit photo : AFP Mychele Daniau

Depuis son projet de construction, le réacteur n’a cessé de faire parler de lui. En effet, ce projet date des années 90 et enchaîne polémique sur polémique. Ce réacteur ayant été construit six ans après la catastrophe de Tchernobyl, on aurait pu s’attendre à une mise en place d’un certain niveau de sécurité. Cependant, plusieurs problèmes sont à relever, notamment la conception d’éléments aussi importants que la cuve de refroidissement du réacteur. Sur les quatre EPR dans le monde, trois ont des défauts de fabrication (deux en Chine à Taishan et une en France à Flamanville). Une enquête de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) a été lancé en 2015.

Deux ans après, l’ASN a déclaré la cuve du réacteur de l’EPR comme étant apte au fonctionnement. Cependant, l’ASN oblige EDF et AREVA à changer la coupole de la centrale nucléaire d’ici 2023. EDF et Areva semblent réticents à effectuer ces modifications qui rallongeraient la durée des travaux de l’EPR, car remplacer la coupole impliquerait un changement conséquent de l’ensemble de l’édifice. On sait que les travaux qui permettraient de mettre aux normes la centrale ralentiraient la construction du lieu qui a déjà pris bien du retard par rapport à son calendrier. Pour EDF et Areva, c’est un gouffre financier. Il est à noter qu’aucune date précise n’a été fixée de la part des experts de l’ASN, ouvrant la porte à de potentiels « retards au démarage » pour les travaux préconisés, et témoignant de la désinvolture face à des questions sécuritaires comme la mise aux normes d’un édifice aussi nocif qu’une central nucléaire. Nous assistons à une bataille autour des intérêts des grands patrons, négligeant la sécurité de celles et ceux qui vivent et travaillent sur le site et ses alentours.

Du côté de la présidence, Macron avait évoqué sa volonté de voir le chantier de l’EPR se terminer le plus vite possible, ce qui n’est pas étonnant quand on sait que son premier ministre est un ancien d’Areva, Edouard Phillipe. Et pas n’importe quel ancien, puisqu’il était au centre des négociations chez Areva sur la question de l’extraction de l’Uranium au Niger, ce qui ne fait pas exactement de lui l’idéal anti-nucléaire, ni un interlocuteur neutre sur ce dossier.. Avec des représentants jusqu’au sommet de l’État et une complaisance manifeste de l’ASN, les directions d’Areva et d’EDF peuvent dormir sur leur deux oreilles. Leurs intêrets économiques sont entre de bonnes mains. Pour ce qui est des populations vivant autour du site, et pour les travailleurs de la centrale, à l’inverse, cette annonce certes prévisible présage des jours sombres, mais éclaire aussi le chemin à suivre. Celui de la lutte contre le maintien de l’activité de l’EPR de Flamanville, mettant en péril la vie de plusieurs milliers de personnes, tout en exigeant le maintien des emplois de tous les travailleurs de la centrale.




Mots-clés

Nucléaire   /    Ecologie   /    Société