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Politique

« Solidarité intergénérationnelle » ?

L’Assemblée adopte la hausse de la CSG (et de la misère des retraités)

Malgré un 28 septembre dans la rue réussi chez les retraités, la hausse de la CSG a été adoptée par l’Assemblée nationale ce mercredi 25 octobre. Une attaque de plus envers nos acquis sociaux, qui sera selon le gouvernement des plus rapides et efficaces, mise en place dès le début 2018.

Sur fond de mobilisation embryonnaire, le gouvernement ne perd pas de temps

Le gouvernement nous l’avait annoncé pour le début 2018, il semble bien tenir ses promesses. L’adoption de la réforme sur la hausse de la CSG par l’Assemblée nationale ce mercredi va en effet permettre au gouvernement de mettre en place dans les temps cette réforme pourtant contestée par de nombreux syndicats. En effet, cette mesure est condamnée par les principaux syndicats de retraités : CGT, FO, CGC, CFTC, FSU, Solidaires, et FGR. Ils ont appelé le 28 septembre dernier à une journée de mobilisation et ont organisé des manifestations dans plusieurs villes de France, qui ont réuni plusieurs milliers de personnes en régions et 10 000 à Paris.

Les retraités qui touchent au minimum 1200 euros de salaire net, autrement dit 60% des retraités actuellement, vont devoir mettre la main à la poche pour, selon le gouvernement, faire preuve de solidarité envers les personnes actives qui elles verront leurs cotisations sociales baisser et donc leur salaire augmenter. Par exemple, un retraité touchant 1500 euros de salaire brut aura 25 euros en moins par mois pour vivre, c’est à dire 300 euros en moins sur une année.

Mais dans les faits, cela se traduit, pour un travailleur payé au SMIC, par un gain de 250 euros annuel, soit moins de 21 euros par mois. Une somme dérisoire pour les smicards, les jeunes, et dont bon nombre d’entre eux sont aussi touchés par la baisse des APL, une somme qui va simplement tenter de combler le trou des aides diminuées.

Retraités et actifs : tous concernés

La hausse de la CSG n’est donc pas qu’une mesure pour les retraités. Bruno Le Maire l’a dit lui-même cet été : « Ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail. » C’est à force d’arguments de solidarité intergénérationnelle que Les Républicains en Marche et le Modem ont fait passer cette loi à l’Assemblée. Or, si on veut parler de solidarité, elle pourrait davantage s’exprimer dans le fait que les deux secteurs, actifs et retraités, seront durement touchés par cette réforme.

Certes la journée de manifestation du 28 a été réussie chez les retraités, mais elle est restée très limitée, premièrement car c’était une date de plus dans le calendrier éparse de mobilisations de ce début d’année scolaire. Ensuite, les retraités pourront difficilement faire reculer ce gouvernement seuls. C’est une convergence avec les travailleurs et les jeunes qu’il faut construire, d’autant plus que ces derniers sont aussi concernés par la hausse de la CSG. De plus, hausse de la CSG, baisse des APL, démantèlement de la sécurité sociale, casse de l’assurance-chômage ne forment qu’une seule et même attaque contre les acquis sociaux hérités de l’après-guerre.

En ce sens, le 16 novembre doit être la date dont tous les secteurs précarisés s’emparent : retraités, jeunes, actifs, pour en finir avec les manifestations éparpillées et commencer un véritable rapport de force. Les travailleurs descendus les 12 et 21 septembre, les retraités du 28 et les fonctionnaires présents le 10 octobre ont désormais besoin de se rassembler et marcher ensemble pour faire plier ce gouvernement.




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