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Société

Les GAFAM arrivent à l'école

L’Education Nationale ouvre l’école à Google et consort !

Au lendemain de l'élection de Macron, c'est-à-dire dès mai dernier, le directeur du numérique (Mathieu Jeandron) auprès du ministère a adressé un mail à l'ensemble des académies pour les informer de l'arrivée des grandes multinationales (GAFAM) au sein des établissements scolaires : Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft se partageront donc l'immense marché des données des élèves.

crédit photo © olly – Fotolia.com

Cela ne date pas d’hier, cet intérêt des entreprises du numérique pour le système scolaire. En novembre 2015 déjà, la précédente ministre de l’Education nationale Najat Vallaud Belkacemsignait un partenariat avecAlain Crozier, président de Microsoft France pour l’utilisation des technologies Microsoft et la mise à disposition de son cloud auprès des personnels enseignants et des services administratifs.

Ce qui va être mis en place, c’est le fichier Base Elèves (2010) en mieux. Donc, puisque cette fois tout le monde s’y met, enseignants et élèves collaborant gratuitement à donner aux GAFAM des données servant soit à suivre les parcours des élèves, leur assiduité en classe, les choix d’orientation – données à usage direct pour leurs trajectoires de futurs salarié-e-s – soit à identifier goûts et tendances, pour le ciblage publicitaire. Le café pédagogique précise : « Les entreprises auront accès aux annuaires des établissements et aux informations nominatives sur les élèves et les enseignants. Elles pourront suivre les déplacements et redoublements des uns et des autres, voir ce que le professeur X utilise comme ressource ou ce que fait l’élève Y. Ces données seront une manne pour le ciblage publicitaire ou pour revendre des informations à des partenaires. »

Pour parer aux éventuelles critiques (et il y en a, tant des profs que des parents) Mathieu Jeandron a accompagné ce nouveau partenariat d’une information à la CNIL. Et il justifie cette officialisation de l’entrée de Google, Facebook et consorts à l’école par un état de fait : ces entreprises sont déjà utilisées par les enseignants et les élèves. Reste cependant un sérieux problème : on ne sait pas encore où seront stockées les données collectées, souligne J.-F. Clair (SNES-FSU) et quel en serait le cadre d’utilisation (la Charte, promise depuis 2015 déjà). Mais c’est sans doute un problème de basse politique, quand on considère l’étendue du marché scolaire qui s’ouvre ainsi aux entreprises capitalistes : le profit à tirer de la marchandisation de l’école (et des élèves) est immense.




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