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Daesh a frappé à nouveau

L’Égypte à nouveau sous l’état d’urgence après un double-attentat meurtrier

Lors de deux attentats ayant eu lieu en Égypte ce dimanche, plus de quarante personnes ont perdu la vie et plus de cent personnes ont été blessées. Les deux attentats visaient deux églises coptes, en pleine célébration des Rameaux, la première à Tanta, dans le delta du Nil, la deuxième dans la ville d’Alexandrie. Ils ont été tout deux revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique (EI). Suite à ces tragédies, le président Abdel Fattah al-Sissi a annoncé l'entrée en vigueur imminente de l'état d'urgence pour les trois mois à venir dans toute l’Égypte, déjà mis en place dans une région du Sinaï où la lutte contre l’EI est particulièrement violente.

La première explosion a eu lieu lors d’une messe célébrée à l’église Mar Girgis, dans la matinée à Tanta. La seconde a eu lieu peu de temps après, à Alexandrie, où un kamikaze a fait détonner sa ceinture explosive tuant et blessant des fidèles rassemblés et des policiers ayant tenté d’intercepter le terroriste. Les coptes orthodoxes d’Egypte sont une communauté chrétienne. Ils représentent 10% de la population égyptienne et sont régulièrement la cible d’attaques violentes de la part de l’EI qui veut fragiliser le régime en s’attaquant à des minorités, tout en élargissant leur influence sur des conflits confessionnels répandus dans tous le pays où les chrétiens d’orient rapportent régulièrement être victimes de discrimination.

Ces attentats interviennent quatre mois après une attaque qui avait fait une trentaine de morts dans une église copte du Caire et 19 jours avant une visite en Egypte du pape catholique François prévue les 28 et 29 avril pour le dialogue islamo-chrétien et en particulier pour rencontrer le grand imam de la mosquée d’Al-Azhar, cheikh Ahmed al-Tayeb, l’un des plus grands représentants de l’islam sunnite. C’est une démonstration de plus du caractère profondément réactionnaire de l’EI qui à sa façon véhicule sa propre « théorie » de la « guerre des civilisations » en s’attaquant aux civils d’autres confessions.

L’état d’urgence, mis en place durant trois décennies sous le président Hosni Moubarak, avait été abrogé suite au processus révolutionnaire de 2011 qui avait mis fin au règne de Moubarak. Cette mesure, aujourd’hui remise en place à l’échelle du pays, joue sur un rapport de force symbolique de la part du gouvernement qui veut tenter de démontrer une réaction à la hauteur des évènements à l’échelle internationale, dont les conséquences seront quasi-nulles. Et, à l’instar de nos gouvernements, cela lui permettra bien sûr en vérité de réprimer les opposants politiques et autres dissidents du pouvoir, sans aucun lien avec des organisations terroristes pourtant, mais sciemment réprimés à l’aide de l’état d’urgence.




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