Notre classe

Une belle démonstration de « solidarité »

Essonne. Ces maires PCF qui cassent la grève des éboueurs

Publié le 20 juin 2016

Depuis mardi 14 juin au matin, les salariés de la plate-forme de ramassage de déchets de Wissous, du groupe Europe Service Déchets (ESD), étaient en grève et tenaient leur piquet contre la loi travail et pour le respect de leur convention collective. Ils ont repris ce matin, sous la pression du tribunal et des mairies PCF du département, qui ont finalement réussi à casser la grève.

George Waters

Le centre ESD de Wissous (91), abritant 55 camions-bennes et près d’une centaine d’éboueurs, était vendredi à son quatrième jour de grève. Le délégué du personnel, Khalid Khadrane, cadre bien les revendications de la grève : « Nous demandons simplement à ce que la convention collective soit respectée,soit une mise à niveau des coefficients », en référence aux règles de la convention du Transport. « Nous revendiquons également 300 euros d’augmentation »soutient-il, « cela fait 4 ans que nous n’avons rien eu dans les NAO [négociations annuelles obligatoires, sic] ». Il s’agit donc tout simplement de faire respecter le droit du travail, respect n’allant pas de soi pour un patron qui, en réponse à la grève, s’est contenté de se taire et de convoquer une réunion du CE et du CHSCT.

De nombreuses villes d’Essonne étaient concernées par cette grève : Paray-Vieille-Poste, Savigny-sur-Orge, Juvisy-sur-Orge, Morangis, Viry-Châtillon, Evry, Grigny, Marcoussis, Massy, Athis, Courcouronnes, Villabé et Ris-Orangis. Alors que les déchets s’accumulaient, certaines mairies ont tout fait pour casser la grève des travailleurs. En pointe, le maire PCF Philippe Rio, qui a réussi un tour de force : jeudi 16 juin dernier, le maire a organisé, en collaboration avec la CGT Territoriaux un « ramassage exceptionnel des encombrants ». Le vendredi, c’était un « ramassage solidaire des ordures ménagères{{}} » qui était organisé. Pour cette collecte, qui n’a pas d’autre effet que de casser la grève des éboueurs, le PCF s’est donc appuyé sur la CGT. D’après nos information, l’UD CGT 91 aurait été « surprise par la démarche des territoriaux ».

Les agents, qui ont repris ce matin, n’ont pu voir que d’un mauvais œil cette stigmatisation de la part d’un maire qui, de surcroît, se dit « communiste ». Alors que le directeur avait déposé un référé d’évacuation au tribunal, cette action du maire a pu décourager les travailleurs. Cette grève de quatre jours aura tout de même permis quelques avancées : le patron de la boîte s’est engagé à appliquer la convention collective et à négocier avec les employés.