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L’Italie veut bloquer l’accès de ses ports aux migrants

Alors que la crise migratoire bat son plein, l'Italie est excédée d'être le seul pays à accueillir les migrants naufragés de la Méditerranée.

Entre dimanche et mardi ont été secourus 12 000 migrants au large de la Libye par des navires étrangers et déposés sur les côtes italiennes. Les gardes-côtes italiens sont chargés de coordonner les opérations de sauvetage en Méditerranée, mais leurs bateaux ne sont pas les seuls à contribuer au secours des migrants ; en effet, des navires étrangers et notamment certains envoyés par des ONG participent à ramener des migrants sur les côtes italiennes. Une fois atterris dans les ports italiens, ceux-ci sont hébergés dans des centres déjà à saturation.

Devant un tel afflux, Rome menace la Commission Européenne de bloquer ses entrées portuaires. Maurizio Massari, le représentant de la république Italienne, s’est chargé de transmettre auprès de Dimitri Avramopoulos, le commissaire à l’immigration de l’Union Européenne, une notification dénonçant l’urgence de la situation arrivant à « la limite du supportable ». Selon une source gouvernementale s’étant exprimée auprès de l’agence de presse Reuters, « l’Italie a atteint un point de saturation ». Le président de la République, Sergio Mattarella signifiait également que « la situation [allait devenir ingérable], même pour un grand pays ouvert comme [l’Italie] ». Le premier ministre italien a quant à lui appelé jeudi, lors d’une rencontre à Berlin, les autres pays à apporter leurs « contributions concrètes » face à la situation où seule l’Italie accueille les rescapés.

La Commission Européenne n’a eu pour réponse que de calmer le jeu en tentant de temporiser, stipulant « [qu’elle comprenait] les inquiétudes de l’Italie et [soutenait] son appel au changement de situation ». Mais cela en rappelant toutefois que « tout changement de politique devrait d’abord être discuté avec les autres États membres et aussi communiqué aux ONG qui utilisent ces bateaux pour qu’elles aient le temps de se préparer ». Ainsi, une réunion se tiendra le 6 juillet à Tallinn en Estonie avec les vingt-huit membres de l’UE afin de prendre des dispositions officielles et générales. La porte-parole de la Commission a ajouté que l’UE « [était prête] à augmenter [son] soutien à l’Italie, notamment par une assistance financière supplémentaire substantielle ».

On voit donc, une fois de plus, que les moyens sont injectés dans le sauvetage lorsqu’on se retrouve au pied du mur, face à l’urgence humanitaire, plutôt que dans les causes et origines du problème migratoire.

Ainsi que le rappelait l’ONG SOS Méditerranée, « fermer les ports aux personnes fuyant la guerre, la violence et la pauvreté qui cherchent un refuge ne peut être une solution. […] [Toutefois, les ONG ne sont] ni la cause ni la solution de cette crise humanitaire ».

Peut-être serait-il temps d’affronter les problèmes à leur origine en en pointant les responsables : ceux qui sèment la guerre aux quatre coins du monde et qui aujourd’hui ferment leurs portes à ceux qui tentent de fuir ces mêmes guerres.

@ Antoni Parrinello / Reuters




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