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Politique

À quelques jours de la marche pour Adama

L’acharnement judiciaire continue contre la famille Traoré : 3 ans ferme pour Yacouba

Plus de deux ans après la mort d’Adama, la justice, la police et les autres experts n’ont pas fini de s’acharner contre la famille Traoré qui se bat pour faire éclater au grand jour la vérité sur la mort d’Adama. Ce lundi, son frère Yacouba était condamné à trois ans de prison ferme.

La répression continue de s’abattre à plein régime sur toute la famille Traoré. Au début du mois, une « expertise » venait disculper les gendarmes responsables de la mort d’Adama. Ce rapport indiquait en effet que sa mort était due à un « enchaînement de circonstances », mettant notamment en cause de manière absurde un stress dû à l’effort, ou à une déshydratation. C’est pourtant bien un plaquage ventral, faisant peser 250 kg sur Adama qui a causé sa mort.

Depuis la mort d’Adama le 19 juillet 2016, c’est une flopée de contre-vérités qui pleuvent sur la famille Traoré, ce contre quoi, Assa, sa famille et le collectif Justice pour Adama se battent depuis deux ans. Couplée aux mensonges d’État, c’est une répression ininterrompue à laquelle ils doivent faire face. Bagui, Serene, Youssoufe, Cheikné, et Yacouba Traoré, ont tous été victimes de la répression policière et judiciaire dans le but de jeter le discrédit sur le combat de leur famille.

Aujourd’hui, Yacouba est encore une fois condamné par cette justice raciste, cette justice de classe. Avec quatre autres prévenus, celui-ci est accusé d’avoir brûlé un bus quelques mois après la mort de son frère. Une accusation arbitraire qui a pour but de démoraliser et de faire taire ces voix qui dénoncent les violences et l’impunité policières.

Justice de classe

Le procureur a ainsi parlé de « terrorisme de quartier » concernant le bus brûlé. Une déclaration aussi abjecte que tous les mensonges déjà proférés dans cette affaire, visant tout simplement à masquer là où la violence se situe vraiment. S’il faut parler de terrorisme, ou de terreur, parlons de celles orchestrées par l’État et son bras armé qui harcèle, course et violente les jeunes des quartiers populaires. Une jeunesse ghettoïsée par des politiques racistes, de précarisation des quartiers et par la police chargée de « faire régner l’ordre » par la matraque.

En même temps, l’avocate du chauffeur de bus, absent à l’audience, parle de la dépression dans laquelle serait plongé celui-ci depuis les événements, en pointant la nécessité d’une prise en charge psychologique. La « prise en charge psychologique » des Traoré après le meurtre d’Adama se résume en revanche à de la diffamation, du mensonge et de la répression.

L’autre partie civile, qui n’est personne d’autre que la compagnie Keolis, aura eu droit dans ce procès à 277 000 € de dommages et intérêts. Selon Le Parisien, un dirigeant de Keolis a ainsi déclaré que les bus repasseraient « lorsque les aménagements de la mairie seront réalisés pour que ne se reproduisent plus ces guets-apens ». La mairie de Beaumont sur Oise se prépare donc à intensifier son dispositif répressif, celui-là même qui a causé la mort d’Adama.

« Le combat pour Adama, c’est notre lutte à tous »

Si ce mois d’octobre a été celui de nouveaux mensonges d’État, il a aussi été celui, en réaction, de la manifestation pour Adama le 13 octobre qui avait rassemblé des milliers de personnes. Une manifestation qui était la démonstration des mots d’Assa : « Nous sommes entrés dans l’histoire ». Une histoire de lutte contre la répression et contre la justice bourgeoise, menée avec courage par Assa Traoré et toute sa famille. Si la répression continue à s’abattre sur eux, sur les jeunes des quartiers et sur les militants, le combat de la famille Traoré, par sa détermination et sa force est exemplaire. Et ce combat est loin d’être terminé !

Crédits : O Phil des Contrastes




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