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L’administrateur provisoire du Mirail retourne sa veste et appelle la préfecture à déloger la fac

Ce 2 mai à 17heures, et après la décision du tribunal administratif ce matin, l'administrateur provisoire de l'Université du Mirail a retourné sa veste. Jusqu'ici opposé à une intervention policière, Richard Laganier a en effet exhorté la préfecture, par le biais d'un communiqué, à déloger les étudiants mobilisés par la force.

Crédits : Solidaires EtudiantEs Mirail

Ce matin, le tribunal administratif de Toulouse, saisi par le syndicat de droite UNI, a ordonné l’évacuation des étudiants mobilisés de l’Université du Mirail, mobilisés depuis décembre dernier contre la fusion des universités toulousaines et la loi ORE. Une mobilisation qui avait, entre autre, abouti à la mise sous tutelle du Mirail et la nomination par la ministre de l’Enseignement supérieur de Richard Laganier en qualité d’administrateur provisoire.

Jusqu’ici, Laganier a toujours martelé dans les médias son opposition à une intervention policière sur le campus, qu’il jugeait inutile et dangereuse. La donne a semble t-il changé aujourd’hui, puisque l’administrateur provisoire a exhorté la préfecture – elle aussi opposée au recours aux CRS – à déloger par la force les étudiants et personnels mobilisés.

Cher-e-s étudiant-e-s, cher-e-s collègues,

Par ordonnance n°1801960 en date d’aujourd’hui, le tribunal administratif m’a enjoint d’intervenir pour débloquer le campus Mirail de l’Université Toulouse – Jean Jaurès.

Mon appel au dialogue et au respect du droit de grève, tout comme du droit au travail que j’ai prôné depuis mon arrivée en qualité d’administrateur provisoire, n’a pas permis de faire évoluer de façon significative la situation, je le regrette.

Chaque jour qui passe nous rappelle qu’il est indispensable de revenir à un cadre normalisé. Nous ne pouvons que constater un accroissement des tensions et le désarroi de bon nombre d’entre vous, personnels, enseignants chercheurs, étudiants, familles, que vous avez pu m’exprimer lors de réunions ou par courrier.

Par ailleurs, l’occupation des locaux a conduit à de nombreuses dégradations, dont les premières estimations avoisinent déjà la somme de 400 000 euros. Nous devons en outre faire face à la multiplication des comportements à risque : déplacements sur les toits des bâtiments, incursion dans un local technique contenant des compteurs électriques, escalade de façades…

C’est clairement le sens du jugement porté par le tribunal administratif. Par conséquent, je ne peux faire autrement que d’engager une réquisition à la préfecture pour procéder à la libération des lieux.

La libération des locaux est la première étape nécessaire à la reprise de nos activités administratives, pédagogiques et de recherche, ainsi qu’à la tenue des examens.

J’en appelle à l’esprit de responsabilité de toutes et tous, afin que cette reprise se passe dans le calme.

Richard Laganier

Administrateur provisoire

Université Toulouse – Jean Jaurès

Communiqué de Richard Laganier suite à la décision du tribunal administratif ce 2 mai

Autant dire que Laganier a totalement retourné sa veste. Estimant que les vacances scolaires auraient raison du mouvement, sans doute a-t-il revu sa stratégie après l’assemblée générale de rentrée où 800 étudiants et personnels ont largement voté la reconduite du mouvement et du blocage jusqu’à jeudi, date de la prochaine AG.

La situation actuelle, qui évolue d’heure en heure, tend à une intervention des forces de répression sur l’Université du Mirail. Les cheminots toulousains, qui avaient voté une motion de soutien aux étudiants le 13 avril dernier, ont publié un communiqué ré-affirmant leurs engagements. Non seulement ils seront en première ligne pour défendre les étudiants, mais ils leurs ouvriront, au besoin, la gare pour poursuivre la mobilisation ! Demain, alors qu’une assemblée générale se tiendra à 12h30, un rassemblement de soutien sera également organisé sur le campus à partir de 18 heures contre les velléités d’expulsion violente de Macron, de la justice aux ordres et d’un Laganier qui tombe aujourd’hui le masque. Qu’on se le dise, les étudiants et personnels mobilisés du Mirail n’entendent pas se laisser déloger sans réagir !




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