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Monde

Nouvelles tensions économiques

L’agriculture, nouveau terrain de la guerre commerciale entre les USA et l’UE

Un nouveau front ouvert dans la guerre commerciale. Pour l’administration Trump, que Bruxelles le veuille ou non, les négociations commerciales avec l’Union Européenne porteront aussi sur l’agriculture

Crédits photo : Nicholas KAMM / AFP

« Même s’ils préfèrent que l’agriculture soit en dehors (des discussions), il est tout à fait dans notre intérêt d’aborder cette question avec l’Union Européenne, en particulier sur les barrières non-tarifaires qu’ils continuent de mettre en place » a déclaré le secrétaire nord-américain à l’Agriculture, Sonny Perdue.

Ce dernier donnait ce lundi une conférence de presse téléphonique où il s’attaquait, entre autres, à la politique de l’Union Européenne vis-à-vis des appellations d’origine protégées visant à la préservation des produits agricoles dans le cadre des échanges commerciaux. Selon l’affirmation de ce secrétaire de l’administration Trump, les États-Unis ne comptent pas se conformer à la politique « de plus en plus agressive » que l’Union Européenne mène par rapport aux appellations d’origine protégées, ni au fait que Bruxelles veuille empêcher aux autres pays de les utiliser.

Des affirmations qui ne sont pas une initiative individuelle du secrétaire à l’Agriculture, car elles rejoignent celles faites ce dimanche par le secrétaire au Trésor nord-américain, Steven Mnuchin. Ainsi, c’est un nouveau front qui s’ouvre autour de l’agriculture dans la guerre commerciale entamée par les États-Unis avec l’imposition des taxes sur l’acier et l’aluminium européens.

Ces propos de l’administration Trump sont d’abord une réponse au fort coup qu’ont reçu les agriculteurs états-uniens en raison des représailles tarifaires de la Chine sur les exportations des produits comme le soja et qui ont déjà obligé le gouvernement Trump à débourser plus de 12 milliards de dollars pour leur venir en aide.

Cependant, ce que mettent surtout en relief ces déclarations, c’est que la réponse que donne Washington aux difficultés face auxquelles il se trouve dans ce conflit est l’ouverture de nouveaux fronts, c’est-à-dire, la continuation de cette guerre commerciale et sa potentielle aggravation.

Cela marque la fin de la brève joie exprimée, au cours la semaine dernière, par le président de la Commission Européenne, Jean-Claude Junker, à l’issue d’une rencontre avec Donald Trump où, selon ses dires, ils avaient « réinstauré le dialogue et ouvert la voie à la coopération » tout en éliminant « le risque d’une guerre commerciale » entre les États-Unis et l’Union Européenne.




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