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Monde

La Françafrique à l'oeuvre

L’armée française mène des frappes aériennes au Burkina Faso

L’opération militaire française « Barkhane » a mené, mercredi 10 octobre, une frappe aérienne, dans le nord du Burkina Faso. Cette frappe s'inscrit dans la continuité de l'intervention française, sur la région du Sahel, justifiée au nom du « combat contre le terrorisme ».

Crédit Photo Michele Cattani / AFP

Florence Parly, la ministre française des armées, était en visite au Tchad du 8 au 9 octobre, pour opérationnaliser un projet nommé « G5 Sahel ». Elle est revenue sur le rôle du groupe militaire français :« Avec le Burkina, nous restons disponibles car le rôle de “Barkhane”, c’est aussi d’appuyer les forces nationales [de la bande sahélo-saharienne] partout où c’est nécessaire et si elles le demandent, comme on le fait au Niger ou au Mali ».
Le « G5 Sahel » réunit Burkina Faso, Mali, Niger, Mauritanie et Tchad dans le cadre d’un projet « sécuritaire » sur la région. Cet organisme militaire, grandement piloté par la France depuis sa création en 2017, permet à l’État français de mieux légitimer ses interventions dans la région du Sahel. C’est donc en collaboration avec cette « coalition » que la France tente de garder le contrôle d’un territoire qui lui est cher.

En effet les capitalistes français ont des intérêts directs dans la région, particulièrement au Burkina Faso où le pillage des ressources par les multinationales françaises (groupe Castel, groupe Bolloré, Air France, etc.) est un cas d’école. Les capitaux français sont attirés par ce pays, son contrôle est donc une priorité de l’État ; en témoigne la table ronde organisée par le Burkina et la Banque mondiale à Paris en décembre 2016 qui avait ramené 12,7 milliards d’euros de promesses d’investissement au Burkina Faso.

Mais le pays connaît une crise exacerbée du néo-colonialisme. La présence militaire française ne fait qu’accentuer les attaques terroristes depuis les dernières années. La domination économique par le Franc CFA que subissent les anciennes colonies françaises, comme le pillage éhonté des ressources, sont des éléments centraux pour comprendre l’origine des tendances terroristes à l’œuvre dans la région.
Malgré cela, Macron en visite au Burkina Faso en décembre dernier avait déclaré qu’il fallait« rompre avec cette habitude de reprocher toujours à la France ce qui se passe mal ici »pour ensuite s’adresser aux Burkinabés :« Vous ne devez qu’une chose, pour les soldats français : les applaudir ». Par ce discours, il cherchait à faire passer l’ingérence française pour un acte d’héroïsme altruiste, humaniste même, et non comme une opération visant à défendre les intérêts politiques et économiques des puissances impérialistes

L’impérialisme français déjà en 2014, pendant l’insurrection populaire des 30, 31 octobre et 1er novembre, avait joué un triste rôle en exfiltrant le dictateur Blaise Compaoré des mains de la population pour l’exiler en Côte d’Ivoire. Ce dernier avait reçu la protection de la France après 30 ans de bons et loyaux services en tant que dictateur du Burkina Faso.




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