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Monde

Marche du retour en Palestine

L’armée israélienne tue 4 Palestiniens et en blesse 645

Pour cette nouvelle journée de mobilisation à Gaza aux abords de la bordure de séparation, Tsahal a tué 4 Palestiniens et fait 645 blessés. Les hôpitaux gazaouis mal équipés à cause du blocus ne peuvent plus gérer l’afflux de blessés graves. L’Etat israélien pousse l’ignominie au point de refuser que les blessés aillent dans des hôpitaux cisjordaniens.

Crédits photo : Saïd Khatib / AFP

Où s’arrêtera l’Etat israélien dans sa barbarie ? Personne ne le sait vraiment. La seule chose qui est sûre c’est la détermination du gouvernement à assassiner le peuple palestinien. Pour cette nouvelle journée de mobilisation à Gaza pour la grande marche du retour, Tsahal a une fois encore tiré pour tuer. Quatre Palestiniens y ont laissé la vie ce vendredi et il y a eu plus de 645 personnes blessées selon le ministère palestinien de la Santé. Mohammed Ibrahim Ayoub, 15 ans, a été l’une des victimes, sans doute l’un de ces dangereux terroristes dont parle le gouvernement israélien…

Il y aurait donc au minimum 38 Palestiniens morts depuis le 30 mars et plusieurs milliers de blessés. La nouvelle action des Gazaouis est d’attacher les cocktails molotov à des cerfs volant afin de ne pas s’approcher de la barrière. Bien évidemment, une innovation qui n’a fait strictement aucune victime. Aucun israélien n’a été blessé depuis le début de la mobilisation pacifiste. Par contre les balles explosives utilisées par Tsahal font de blessures catastrophiques.

En effet, un rapport de Médecins sans frontière alerte sur les nombreux blessés graves qui ne peuvent bénéficier de soins adéquates étant donné l’état des hôpitaux de Gaza. Selon Le Figaro, « à l’étage de l’hôpital Shifa, les patients blessés lors des trois premières « marches du retour » s’entassent à huit par chambre ».
Dans le rapport, « le personnel médical de MSF fait état de blessures dévastatrices d’une sévérité inhabituelle, extrêmement complexes à soigner et qui laisseront de lourdes séquelles à la majorité des patients ». Ils constatent « notamment un niveau extrême de destruction des tissus et des os, et des orifices de sortie de balles démesurés, qui peuvent avoir la taille d’un poing ».
D’après Marie-Elisabeth Ingres, Cheffe de mission MSF en Palestine : « Chez la moitié des 500 victimes de tirs que nous avons prises en charge, la balle a littéralement détruit les tissus après avoir pulvérisé l’os, les patients doivent subir des opérations chirurgicales extrêmement complexes, et nombre d’entre eux auront des séquelles à vie. » Certains risquent même « l’amputation, faute de soins suffisants à Gaza, s’ils ne parviennent pas à obtenir les autorisations nécessaires pour se faire soigner en dehors de Gaza ». Il y en aurait déjà eu 13.

Face à cette urgence sanitaire, l’Etat israélien reste implacable. Cité dans Le Figaro, le porte-parole de l’unité militaire qui administre les Territoires palestiniens (Cogat) explique qu’ « Israël est un État souverain, et a donc le droit de choisir qui est autorisé à entrer sur son sol. Or il a été décidé que toute demande de traitement médical concernant un terroriste ou un émeutier qui a pris part à des événements violents serait refusée. »

Un crime de guerre de plus de l’Etat sioniste. Ce vendredi 20 avril, les snipers qui assassinent les jeunes Palestiniens parfois en hurlant de joie comme en décembre dernier, ont eu la chance de recevoir l’un de leur indéfectible soutien, le ministre de la défense israélien, Avigdor Liberman, issu de l’extrême droite israélienne. Il est sans aucun doute venu se délecter de l’assassinat de quelques jeunes Gazaouis.

Face à cette énorme répression, la mobilisation a nettement diminuée ce vendredi. Selon l’armée israélienne, ils étaient 3 000 à risquer leurs vies en défiant les snipers. Pourtant malgré tout toute la société gazaouis est derrière ce mouvement de résistance et de défiance vis-à-vis de l’occupant et on peut être certains que jusqu’au 15 mai prochain, les Palestiniens resteront mobilisés, resteront debout face à l’occupant israélien, face aux assassins de Tsahal.




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