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Politique

Derrière Macron, les grands patrons

L’autre cagnotte indécente : le CAC 40 a versé 57,4 milliards d’euros aux actionnaires

Si l’année 2018 n’aura pas été celle “de la cohésion de la Nation” selon les vœux d’Emmanuel Macron, elle fut sans aucun doute celle des actionnaires. Les entreprises du CAC 40 leur ont versé quelque 57 milliards d’euros, soit 12,8% de plus que l’année précédente : un record depuis 2009. “Une bonne nouvelle” nous dit l’économiste Nicolas Barré d’Europe 1 : alors même que la situation politique française se trouve bouleversée par le mouvement des gilets jaunes contre les inégalités.

Si ces dividendes exceptionnels indiquent “la bonne santé des entreprises françaises”, elles ne profitent d’aucune façon à ceux qui les font tourner. Voilà “la théorie du ruissellement” définitivement invalidée par la réalité selon laquelle la richesse “des premiers de cordée” profiterait nécessairement, à la fin des comptes, aux derniers de cordées.

En vérité, cette générosité-record rappelle ici le choix du CAC 40 en faveur d’une “course aux résultats de court terme” au profit des actionnaires et des grands patrons, négligeant jusqu’à la santé économique à long terme des entreprises. Et comme l’hypocrisie du patronat et de leurs chiens de garde semble sans limites dans la période, des “économistes” tournent en boucle depuis ce matin sur les différents plateaux télé pour calmer les aigreurs : cette hausse “ne se fait pas sur le dos des travailleurs”. Qui pour le croire ?

Cette annonce tombe bien mal alors que la mobilisation gronde contre le président des riches et des multinationales avec parmi ses revendications centrales, le rétablissement de l’ISF et l’augmentation du SMIC. Alors que dans le « Grand Débat » de Macron, il ne sera pas question de discuter des salaires et des conditions de travail ou encore d’en finir avec l’austérité qui pourrit la vie des classes populaires, ces dividendes record sonnent comme une insulte à ceux qui se lèvent tôt et se bousillent la santé quotidiennement pour des miettes. Au delà de la « classe politique », c’est bien à ceux qui les dirigent qu’il faudra également s’attaquer pour prendre l’argent où il est, et qu’une bonne fois pour toutes, ça ne soit plus à « ceux qui ne sont rien » de payer pour une crise économique dont ils ne sont pas responsables quand de leur côté les propriétaires des multinationales et des banques qui les exploitent s’engraissent à un niveau record.




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