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Jeunesse

La lutte continue

L’enseignement artistique en danger en Seine et Marne

Des élus ont pris la décision de supprimer le Cycle d'Enseignement Professionnel Initial de Théâtre (CEPIT) au conservatoire à rayonnement départemental (CRD) Val-Maubuée, ainsi que le non renouvellement de deux postes de professeurs partant à la retraite (théâtre et musique de chambre).

Le CEPIT est une formation diplômante reconnue par le ministère de la Culture, fruit d’une dynamique originale et unique dans le monde des conservatoires en France, et d’une innovation exigeante qui a commencé à Noisiel en 2003. Ce cursus est en partenariat avec La Ferme du Buisson de Noisiel (scène nationale) et le Nouveau Théâtre de Montreuil (Centre Dramatique National). Depuis toutes ces années, ce sont des dizaines d’élèves qui sont passés avec succès dans le monde du théâtre vivant professionnel : ces trois dernières années, 8 élèves ont été admis dans des écoles nationales françaises ou belges (une trentaine depuis la création du Cepit), et de nombreuses jeunes compagnies ont été créées (6 professionnelles, autant d’amateurs) qui connaissent un développement concret, voire une notoriété reconnue, avec des synergies et des collaborations fructueuses. Il faut également souligner que la plupart des animateurs de cours, d’ateliers, de stages, de compagnies amateurs du Val Maubuée et alentours viennent du conservatoire.

En ce qui concerne l’action culturelle et la diffusion, l’élargissement du public, la vie du territoire, ces 7 dernières années, ce sont plus de 30 spectacles (classiques, contemporains, créations d’élèves, masques, marionnettes, clowns...) que le département théâtre a créés et qui ont donné lieu à plus de 60 représentations, majoritairement au Val Maubuée et dans le département.

Ce lundi 26 juin, quatre élèves ont rencontré Gilles Bord, vice-président de la communauté d’agglomération, chargé des équipements et de la politique culturelle communautaire.
Au cours de cette rencontre de 45min, il s’avère que "les élus" sont Gilles Bord lui-
même (avec l’aval prétendu du président de la communauté d’agglomération, Paul Miguel). Lorsque nous avons demandé le document officiel de cette décision, il nous explique qu’il n’y en a pas ("Ma parole ne vous suffit pas ?"), et que cette décision peut être prise sans délibération ni vote avec le conseil communautaire. Nous avons insisté pour avoir une preuve écrite : "Je vous écrirai un courrier si vous voulez" nous a-t-il répondu.

Pour appuyer le maintien de notre formation, nous avons un argument juridique : la communauté d’agglomération du Val Maubuée (dont le président était Paul Miguel) a signé le 25 juin 2015 un projet d’établissement qui l’engage pendant cinq ans avec le ministère de la Culture à maintenir le CEPIT ; au 1er janvier 2016, la communauté d’agglomération du Val Maubuée a fusionné avec deux autres communautés d’agglomération pour former la communauté d’agglomération de Paris - Vallée de la Marne (dont le président est Paul Miguel), et le projet d’établissement est une politique publique qui demeure après la fusion. Gilles Bord nous a dit : "Les politiques publiques restent, mais pas ce genre de choses [...] Cela n’engage que ceux qui ont signé. [...] Je ne me sens pas engagé par ce projet d’établissement."

Le seul argument avancé par Gilles Bord est que les candidat-e-s à la prochaine promotion du CEPIT ne sont pas du territoire. Nous répondons :

- Ces dernières années, beaucoup d’élèves venaient du territoire de Paris - Vallée de la Marne,

- Nombreux sont les élèves qui s’installent, deviennent électeurs, et s’implantent sur
le territoire après la formation,

- Aucune communication n’a été faite pour attirer les habitant-e-s du territoire (alors que la communauté d’agglomération est chargée d’assurer cette communication),

- Dans le cadre d’une formation ouverte à tou-te-s, et financée aussi par l’État : le critère de la provenance est une discrimination.

Gilles Bord prend des décisions unilatéralement, souvent au profit de la commune de Pontault-Combault dont il est premier maire adjoint, et rompt les engagements de la communauté d’agglomération dont il est le vice-président. Nous nous interrogeons
sur la légalité de cette décision, et allons interpeler les préfets pour en juger.

Ces mesures n’impactent pas seulement le département théâtre mais l’ensemble du conservatoire, et par là même, l’ensemble de la communauté d’agglomération.

Nous appelons à un rassemblement massif au siège de la communauté d’agglomération de Paris - Vallée de la Marne (5 cours de l’Arche-Guédon, 77200 Torcy), à 19h jeudi, à l’occasion de la réunion du conseil communautaire.

Nous ne voulons pas croire que des élus puissent décider en toute connaissance de cause de priver la collectivité de la poursuite de cette politique originale et fructueuse, qui fait rayonner le territoire culturellement depuis des décennies. Nous sommes fermement convaincus de la nécessité absolue d’enseigner le théâtre et l’art en général avec exigence sur notre territoire ! Nous savons que les conséquences de cette amputation culturelle seraient terribles. Ce ne serait pas seulement mettre fin à un projet pédagogique extrêmement abouti, étant le résultat de plus de trente ans d’expérience, mais la perte d’un lien transversal entre les différentes catégories sociales, culturelles de la population, et l’abandon injustifiable d’un projet étant en lui-même une richissime aventure locale et collective, fondée en même temps que la ville nouvelle, et qui se nourrissait du rapport de ce territoire à la culture et à sa propre diversité culturelle.

N’hésitez pas à diffuser et signer la pétition en ligne !




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