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Société

Précarité énergétique

L’hiver dernier, 15% de la population a souffert du froid

L'Observatoire National de la Précarité Énergétique (ONEP) a publié un rapport qui atteste que 15% de la population française aurait souffert du froid durant l'hiver dernier.

Selon la loi Grenelle 2 du 10 juillet 2012 : « Est en situation de précarité énergétique […] une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulaières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat ». C’est à partir de cette définition de base que l’ONEP a construit son dernier rapport du 23 novembre dans lequel l’observatoire montre que 15% des Français ont subi le froid lors de l’hiver dernier.

Ce chiffre exorbitant de 15% représente en réalité environ 10 millions de personnes vivant sur le sol Français. Les principales causes de cette vulnérabilité face aux froids hivers sont la mauvaise qualité de l’isolation des logements (Selon 40% des personnes enquêtées) et l’insuffisance des systèmes de chauffage (28%). Ces situations sont éclairantes de la situation de précarité vécue par un grand nombre de français qui, en plus d’avoir du mal à boucler les fins de mois, ont du mal à ne pas mourir de froid. D’autant plus que l’installation de meilleurs isolants ou de systèmes de chauffage plus efficace représentent un coût difficilement supportable pour les classes populaires.

Par ailleurs, le rapport montre que ce sont près de 68% des personnes enquêtés qui déclarent que les dépenses énergétiques sont une source de préoccupation importante dans leur vie. En effet, 11,6% des français dépenseraient plus de 8% de leur revenu dans les dépenses énergétiques. Ces 11,6% faisant partie des classes populaires (30% des ménages les plus pauvres de France), ils sont catégorisés par le rapport de l’ONEP comme étant en situation de précarité énergétique.

D’autre part, le rapport montre que la part des ménages ayant plus de 8% de leur revenu imputé par les dépenses énergétiques auraient diminué depuis 2013 passant de 14,5% à 11,6%. Pour autant, cette baisse est relativisée dans le même rapport car elle serait dû à des conditions météos plus favorables. Cette baisse est aussi relativisé par le fait que les ménages dépenseraient moins pour l’énergie qu’en 2013 du fait d’une précarité économique grandissante (n’atteignant pas les 8% du revenu en dépenses énergétiques, ils ne sont plus présents dans les chiffres. Par contre, ils subissent le froid de plein fouet).

Enfin les personnes enquêtées déclarent que les factures de gaz et d’électricité sont de plus en plus élevées. Entre 2016 et 2018, une augmentation de 10 points de pourcentage des ménages dans une telle situation s’est effectuée passant ainsi de 55% à 65% de la population française.

Ainsi, malgré les discours sur les bienfaits du « chèque énergie » portés par les différents représentants du gouvernement dans cette période de mobilisation contre la vie chère, une grosse partie de la population française souffre du froid. Ce sont une fois encore, les ménages des classes populaires et en situation de précarité qui sont les plus touchés par la cherté de la vie, notamment en ce qui concerne les dépenses énergétiques.




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