Société

Les mensonges des laboratoires pharmaceutiques

L’industrie pharmaceutique préfère le profit, quitte à détruire la vie de nos enfants

Publié le 18 mai 2016

Le Valproate de sodium, molécule commercialisée sous le nom de Dépakine, est un traitement antiépileptique utilisé pour les patients épileptiques, mais aussi bipolaires, dépressifs et migraineux dans certains cas. Chez les patientes enceintes, ce médicament, pris au cours du premier trimestre, est responsable de malformations congénitales. Les enfants nés de ces mères ont en plus un risque de déficit cognitif, d’autisme ou de troubles apparentés. Selon l’Inspection générale des affaires sociales, au moins 450 cas de malformations congénitales entre 2006 et 2014 seraient imputables à ce médicament.

Norah Zamrym

Un médicament toxique, prescrit en toute connaissance de cause aux femmes enceintes

Dès les années 1980, quelques premières publications scientifiques ont révélé un lien entre la prise de ce médicament et la survenue d’effets indésirables graves sur le fœtus. Pourtant, ce n’est que depuis le 1er janvier 2016 que de réelles dispositions ont été mises en place afin de restreindre l’usage de ce médicament.

Pour les enfants et adolescents de sexe féminin, les femmes en âge de procréer et les femmes enceintes, la prescription initiale annuelle est réservée à certains spécialistes et
un accord de soins, préalablement signé par les patientes, doit être présenté lors de chaque délivrance à la pharmacie.

Lorsqu’un patient est épileptique, les traitements ne peuvent pas être arrêtés, même en cas de grossesse. Cela exposerait la patiente à de nouvelles crises d’épilepsie, engendrant de fait des risques d’hypoxie et de mort du fœtus. Cependant, dans de nombreux cas, il aurait été possible de remplacer la Dépakine par un autre médicament antiépileptique moins tératogène comme le Lamictal par exemple, mais aussi de cesser tout emploi de ce médicament lorsque la femme enceinte le prend pour une tout autre indication que l’épilepsie.

Des millions d’euros gagnés pour Sanofi grâce à la Dépakine

Ce médicament commercialisé en France depuis 1967 par Sanofi a longtemps fait partie des médicaments rapportant le plus au laboratoire. Avec un chiffre d’affaires de 410 millions d’euros en 2012, la Dépakine est vendue dans plus d’une centaine de pays.

Cela nous permet de mieux comprendre le manque de réactivité du laboratoire à informer les patientes enceintes, les médecins et les pharmaciens du risque que ces médicaments représentent.

Pour les grandes firmes pharmaceutiques, l’objectif n’est que profit, peu importe les conséquences sur la santé. Quitte à omettre certains effets indésirables pendant des années, du moment que leurs produits se vendent bien.

Dans ce système capitaliste, la logique consiste à trouver LA molécule qui fera croître le plus l’entreprise, et non la molécule qui soignera véritablement le malade, et qui ne tiendra compte ni de sa classe sociale, ni de son pays, ni de ses ressources financières.