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Genres et Sexualités

Manifestations à Paris

LGBTI. Ce soir, demain, marcher pour nos fiertés

Alors que des Marches de fiertés ont déjà eu lieu dans quelques grandes villes de France, deux événements ont lieu à Paris. Pour les droits des LGBTI, contre les violences et les discriminations, en solidarité avec les LGBT de Tchétchénie et contre l'hypocrisie du programme soit disant « gay friendly » de Macron et Philippe, la Pride de nuit de ce soir et la Marche des Fiertés de demain sont de grandes manifestations politiques à ne pas manquer.

Face à Marine Le Pen au second tour, Emmanuel Macron avait cherché à apparaître comme le défenseur des droits démocratiques et le rempart à l’extrême-droite dans la lutte contre les oppressions. Pendant un temps, il aura même réussi à faire oublier qu’il avait affirmé que les anti-mariage pour tous avaient été « humilié » pendant le quinquennat de Hollande. Mais la nomination du premier puis du second gouvernement Philippe ont tôt fait de renvoyer au placard ce vernis « gay friendly » : ce n’est pas moins de trois opposants reconnus au mariage pour tous qui ont pris leur place au sein du gouvernement (Gérard Darmanin, Jacqueline Gouraud attachée au Ministère de l’Interieur, et Jean-Baptiste Lemoyne attaché au Ministère de de l’Europe et des Affaires étrangères). Pas sûr qu’on les retrouve dans le cortège d’En Marche à la Marche des Fiertés parisienne...

Mais si Macron parvient encore à se présenter comme favorable aux revendications des LGBTI, c’est qu’il a maintenu dans sa campagne être favorable à la Procréation Médicalement Assistée (PMA), promis par François Hollande en 2012. Capitulant sous la pression de la droite et l’extrême-droite réunies au sein de La Manif Pour Tous, le gouvernement « socialiste » avait reculé sur cette revendication, pourtant capitale pour de nombreuses lesbiennes. Une capitulation qui avait alors divisé le mouvement LGBTI, certaines organisations reprochant à l’InterLGBT, qui organise la Marche des Fiertés chaque année, d’avoir renoncé à mobiliser pour cette revendication, une fois le mariage pour tous acquis. Cette question, ainsi que d’autres désaccords ont mené ces dernières années à la création de la Pride de Nuit, mais aussi d’un pôle radical au sein même de la Marche, revendiquant une orientation véritablement offensive pour le mouvement LGBT, qui ne se cantonne pas à une marche festive et de plus en plus marchandisée une fois par an. L’année dernière, ce pôle avait permis notamment de regrouper les manifestants s’opposant à l’instrumentalisation de l’état d’urgence et de l’Euro de Football pour raccourcir la Marche et lui imposer une ambiance ultra-sécuritaire.

Cette année, l’InterLGBT a décidé de (re)prendre comme mot d’ordre central la revendication de la PMA. Une bonne nouvelle, si ce n’est qu’elle semble se limiter à une interpellation du gouvernement Macron-Philippe, qui a exprimé sa volonté, tout comme les précédents gouvernements Hollande, de s’en remettre à l’avis du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) qui doit rendre son jugement le 27 juin. Un comité d’éthique que le gouvernement ne s’empresse pas de consulter lorsqu’il s’agit de casser les droits des travailleurs et travailleuses !

Vouloir profiter de cette « fenêtre de tir » que constitue le rendu du CCNE peut être un choix tactique intéressant, d’autant plus si cela permet de remettre sur le devant de la scène une revendication reléguée ces dernières années. Mais une chose est sûre néanmoins : comme l’ont montré les gouvernements « socialistes » depuis 2012, il ne suffira pas de quelques promesses acquérir de nouveaux droits ! Face aux homophobes, qui sont désormais présents jusque dans le gouvernement, c’est un grand mouvement d’ensemble qu’il faudra pour imposer nos droits : la PMA, le droit au changement d’identité libre et gratuit, de véritables services publics de santé, une éducation non-hétéronormée, mais aussi nos droits à ne pas vivre dans le chômage et la précarité, qui ne font qu’accentuer les violences et les discriminations subies par les LGBT.

Les rendez-vous à Paris :
Pride de Nuit : Vendredi 23 juin à 19h, Fontaine des Innocents
Marche des Fiertés : Samedi 24 juin à 14h, place de la Concorde, rebaptisée par Act Up en 1993, « place des morts du Sida »
Les Jeunes du NPA se joindront au Pôle radical de la Marche des Fiertés, aux alentours du 2, rue Royale.

Crédits photo : Olivia Zinsou, Marche des Fiertés de Lille 2017




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