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Notre classe

La SNCF trinque avec Macron et les banquiers

LGV Paris-Bordeaux : 6 millions pour les petits fours et zéro pour les salaires

À la SNCF c’est encore une fois « ferme ta gueule » et bosse. Après les sommes astronomiques que dépense la SNCF pour changer les noms du TGV en « INOUI », le nom du site voyagesncf.com en « OUI-VOYAGE », ou encore le RER par « Train », la SNCF continue son addiction compulsive à dépenser l’argent qu’elle gagne sur le dos des cheminots et des usagers. Avec une nouvelle folie de plus de 6 millions d’euros en champagne, petit fours et amuses gueules.

Pendant ce temps-là les cheminots découvrent avec colère que pour la 3ème année consécutive leurs salaires ne bougeront pas d’un pouce.
Pour exemple, si la SNCF avait fait le choix de ne pas dépenser des millions pour un buffet en reversant cet argent aux cheminots cela aurait fait l’équivalent d’une prime de 50€ pour les 145 000 agents SNCF. Certes symbolique, et dérisoire, mais cela montre une fois de plus que la SNCF n’a que faire de la politique sociale au sein de l’entreprise, et préfère narguer tous les cheminots qui depuis 15 ans voient leurs conditions de travail et de salaire se dégrader chaque année un peu plus.

Suppression d’emplois, surcharge de travail, manque d’effectifs, ralentissement dans le déroulement de carrière, fermeture de gare, ouverture à la concurrence, décote sur les retraites, gel des salaires, fusion des métiers du voyageur, sous-traitance massive, des emplois au statut remplacés par des intérimaires… Voilà le quotidien des 145.000 cheminots de la SNCF ou plutôt de SNCF Réseau et SNCF Mobilité. Car depuis la reforme du ferroviaire de 2014, la direction joue la carte du « tout communication » pour mieux casser l’entreprise, et préparer l’ouverture à la concurrence. Concurrence que logiquement la SNCF aurait du chercher à ralentir, mais au contraire appel de ses vœux.

Car la première entreprise qui concurrencera la SNCF, s’appelle … roulement de tambour … La SNCF, ou plutôt les filiales appartenant majoritairement à la SNCF comme par exemple : l’inauguration du T11 Epinay sur seine, ou, le Bourget qui appartient dorénavant à sa filiale de droit privé TRANSKEO.

Un mix de Transilien et Kéolis, avec 0 salariés au statut, mais par contre des centaines de cheminots qui travailleront indirectement pour cette ligne de Tram-Train privatisée, sans jamais en avoir les bénéfices. Nous pensons, aux agents d’escale voyageur, les guichetiers, les agents de maintenance de l’infrapole paris nord, ou encore les agents circulations du Bourget et de Noisy le sec, qui font rentrer et sortir chaque jour le matériel roulant sur la ligne.
La SNCF cache derrière la belle communication, une politique destructrice : par exemple avec des spots télévisés qui coûtent des millions à l’entreprise, à travers l’installation du Wifi dans les TGV, ou encore les pianos dans les gares. Pour exemple les cheminots étaient plus de 400 000 il y’a de cela seulement 30ans, aujourd’hui la masse salariale comme ils aiment la décrire, à fondu de plus de la moitié. Mais que dire de l’état du réseau avec ces grands projets pharaonique « EOLE, CDG Express, Tangentielle … » qui polarisent la totalité du personnel de la maintenance, et surtout des ressources financières pour entretenir le réseau existant afin d’éviter un nouveau Brétigny, ou encore, éviter les pannes électriques comme en début d’année à gare du nord avec des caténaires de presque un siècle sur le réseau francilien le plus fréquenté d’Europe.

Voilà le constat accablant que nous faisons : d’un coté des dirigeants qui se goinfrent, et c’est le cas de le dire, en augmentant chaque année leurs salaires, les dépenses phénoménales dans la communication, le tout avec une entreprise qui fait des bénéfices ; de l’autre ni les cheminots ni les usagers n’en profitent jamais financièrement. On pourrait voir les prix baisser, le réseau être mieux entretenu et l’ouverture de gares dans les secteurs enclavés du territoire français. Au lieu de cela, on assiste aux fermetures de gares, et paradoxalement à l’augmentation du prix des billets et des abonnements.
Mais qu’on se rassure la SNCF ne parlera jamais des 400 millions de CICE sans jamais augmenter les effectifs, ou des millions dans la communication.
Par contre elle continuera jusqu’en 2060 de parler de la dette de RFF qui grossit chaque année, avec des intérêts bancaires de presque 1milliard et demi, que ni la SNCF ni l’Etat ne veut reprendre, car c’est grâce à cette stratégie, façon « pyramide de Ponzy » que toute la casse, du ferroviaire, du statut des cheminots et du régime des retraites se joue.
Il va donc falloir que les cheminots et les organisations syndicales se mobilisent et construisent ensemble ce rapport de force tant attendu depuis la victoire de 1995 pour renverser la vapeur, car aujourd’hui c’est la descente aux enfers à la SNCF, et lorsque certains essayent de se battre localement, c’est la répression qui les attend. C’est en cherchant le rapport de force le plus large possible que la SNCF pliera le genou.
En attendant elle gèle les salaires, coupe de champagne à la main, trinquant avec Macron et les banquiers.

Vendredi 7 Juillet, lors du débat anniversaire des 2 ans de notre site Révolution Permanente, de nombreux cheminots, syndiqués ou non, seront présents. Anasse, délégué Sud Rail, sera à la tribune pour parler de la situation des cheminots au quotidien et de la victoire des grévistes sur son secteur pour l’amélioration de leurs conditions de travail. Ce rendez-vous est, nous le souhaitons, une première échéance pour que les cheminots commencent à discuter ensemble de la contre attaque, qui commencera vraisemblablement dès le 12 Septembre, faisant suite à l’appel des syndicats contre les ordonnances Macron.

crédits photo : FRED TANNEAU / AFP




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