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Politique

Municipales à risque

LREM ne paye plus : Collomb ne se présentera pas LREM pour la mairie de Lyon

Celui qui avait été un des premiers soutiens d'Emmanuel Macron, qui avait pleuré lors de la cérémonie d'investiture, a non seulement quitté le gouvernement contre l'avis du président, mais vient d'annoncer dans LCI qu'il ne se présenterait pas sur une liste LREM à la mairie de Lyon.

Alors que le gouvernement avait pris un premier revers lorsque le plus « fidèle lieutenant » de la macronie avait quitté le navire en claquant la porte, faisant suite à la démission d’autres ministres et notamment de Nicolas Hulot, « caution de gauche » du gouvernement, cette nouvelle vient remuer le couteau dans la plaie.

Ainsi, Collomb non seulement quitte le gouvernement, mais il ne se présentera pas sur une liste LREM aux municipales lyonnaises, privilégiant une « étiquette locale », pour « rassembler ». En effet selon lui, « Ça n’a pas de sens de rassembler simplement sur un parti. Personne ne voterait pour vous dans une ville. Ce que veulent les gens, c’est que vous serviez l’intérêt général. ». Difficile de faire plus explicite. 

Au-delà de l’effet d’annonce qui s’inscrit dans une quasi-routine pour un gouvernement de plus en plus friable et affaibli, cette nouvelle n’est pas très bon présage pour les municipales de 2020 qui représentent un enjeux central pour la macronie. En effet, ces élections qui succèderont les européennes de 2019 sont anticipées comme une bataille déterminante pour parvenir à palier la « déconnection » du gouvernement par un renforcement de son assise territoriale via la conquête d’élus locaux, palliatifs à l’absence d’un réel parti derrière le logo « LREM ». Les réseaux, les relais partidaires font cruellement défaut à Macron, été élu sans avoir d’appareil solide comme pouvaient en avoir ses prédécesseurs, et plus généralement les deux formations du bipartisme traditionnel, qui gouvernaient la France ces dernières décennies. 

C’est en ce sens notamment qu’il faut comprendre le démarchage active qui a d’ores et déjà commencé de la part de LREM au près des maires de droite et de gauche « traditionnelle », à l’instar d’Alain Juppé – maire de Bordeaux -, auquel Edouard Philippe n’aura pas manqué de faire de l’appel du pied lors de son débat avec Wauquiez
Le rapprochement avec des mairies élues sur des listes de « l’ancien monde » était déjà pour le moins complexe avec la descente brutale du chef d’État dans l’opinion et la nouvelle charte de LREM qui exclut les positionnements ambivalents. Cette annonce de Collomb va grandement alourdir le problème, alors que le rêve d’être rejoint par les maires de Bordeaux, Nice, Angers, Reims et d’autres villes avait déjà beaucoup de plomb dans l’aile. Comment être convaincu de se présenter sur des listes « En Marche » si même Collomb, macroniste de la première heure, s’en détache pour prendre ses distances et par peur de ne pas être réélu tant le gouvernement est impopulaire ?

Photo : AFP/Archives




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