Politique

Ascenseur anti-social

La CFDT, un tremplin pour faire carrière au gouvernement ?

Publié le 25 mars 2016

Renan Granger

L’affaire de la loi Travail l’a montré une nouvelle fois : les liens sont étroits entre la CFDT et le gouvernement. En signant le projet de loi, la deuxième centrale syndicale du pays a de nouveau sauvé la face du gouvernement, au mépris de l’attaque contre les travailleurs que cette loi constitue. Des liens tellement étroits donc que des dirigeants de la CFDT se retrouvent même au gouvernement.

L’affaire date de début février 2016. Une affaire restée plutôt confidentielle à l’époque, mais qui mérite d’être ressortie du placard après la trahison de la direction de la CFDT sur l’épisode de la loi travail. À l’époque, Anousheh Karvar, qui jouait un rôle important jusqu’ici à la CFDT, est nommée au cabinet de la nouvelle ministre du travail… Myriam El Khomri en personne ! Et celle qui devient directrice de cabinet adjointe, chargée de l’emploi et de la formation professionnelle, a un long parcours à la CFDT : secrétaire nationale de la CFDT Cadres de 2001 à 2003, avant d’occuper les fonctions de secrétaire générale adjointe de la CFDT Cadres, jusqu’en 2012. Parallèlement, de 2010 à 2012, Anousheh Karvar a exercé les fonctions de trésorière confédérale de ce même syndicat.

Un nouveau poste donc, qui a tout l’air d’une promotion pour services rendus, tant la centrale syndicale est au service du gouvernement dans ses attaques contre les travailleurs depuis le début du quinquennat Hollande. Et ce genre d’affaire n’est pas une nouveauté. Déjà, en 2012, l’ancien secrétaire général de la CFDT avait été nommé président de Terra Nova, un think thank très proche du PS, mais aussi de l’Agence du service civique, nommé à cette place par Hollande lui-même. Ainsi, pour les dirigeants de la CFDT, trahir les salariés, c’est bel et bien un métier qui peut rapporter gros… au mépris des intérêts de leurs syndiqués et des travailleurs.