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La Guadeloupe rentre dans la danse des Gilets Jaunes

Alors que la France est durement touchée par les blocages des gilets jaunes, les colonies qui subissent en premier lieu les coups de l’occupation française rentrent petit à petit dans la danse. Après la Réunion où Macron a envoyé l’armée, la Guadeloupe a connu ses premiers soubresauts.

Les colonies que l’Etat français appelle pudiquement les DOM TOM sont allégrement pillées par la Métropole. Les taux de chômage et de pauvreté sont beaucoup plus fort qu’en France. De fait, la mobilisation des gilets jaunes ne pouvait qu’avoir un impact sur ces territoires où la France entretient la misère et où la vie est beaucoup plus chère.

En Guadeloupe, la mobilisation démarre à son rythme. Un seul barrage a été signalé du côté de Petit Bourg, signale Guadeloupe la 1ère. Ce n’était pas un blocage total puisque les gilets jaunes guadeloupéens ont décidé de faire une opération escargot qui a fortement perturbé la circulation « entre les Abymes et Pointe-à-Pitre ».

Comme dans les autres colonies, la mobilisation des gilets jaunes en Guadeloupe recoupe plusieurs problématiques ; ainsi, le mouvement porte sur le prix du carburant mais surtout sur la vie chère et sur les problèmes liés à la santé avec le CHU ou bien le chlordécone, et à l’eau. En effet, l’accès à l’eau courante n’est pas quelque chose qui va de soi en Guadeloupe. C’est le préfet lui-même qui l’a avoué en juillet dernier dans Ouest France : « Cela devient un sujet de santé publique, et la proportion de gens sans eau augmente ».
Il a été mis en place un calendrier pour permettre aux communes d’avoir un accès à l’eau potable tour à tour. Maëva Barret, habitante de Sainte-Anne et mère de deux enfants en bas âge explique dans Ouest France : « Chez nous, la douche, c’est deux bouteilles d’eau froide par personne, et pour le bébé on fait chauffer l’eau à la casserole ».
Le comite de défense mobile, en lien avec les gilets jaunes, a installé deux petites cases sur la nationale à Petit-Bourg, obligeant les autorités à dévier la circulation.

Si la mobilisation est pour l’instant assez faible, il faut sans doute s’attendre à une montée en puissance sur l’île où plus de 22% de la population est privée d’emploi. L’INSEE écrivait en 2015, « l’écart de prix entre la Guadeloupe et la France métropolitaine atteint 12,5 %. La différence de prix est particulièrement importante pour l’alimentation, l’un des premiers postes de consommation des Guadeloupéens. Les prix de l’alimentaire sont ainsi supérieurs de 32,9 %. Les prix de la santé, qui représentent 12,3 % des dépenses d’un ménage guadeloupéen, sont également plus élevés de 18,7 % ».
Un écart qui s’explique par la colonisation française, l’exploitation des richesses de la Guadeloupe avec un sous développement structurel. De quoi donner de bonnes raisons à une mobilisation encore plus forte pour l’ensemble des Guadeloupéens.




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