Notre classe

150€ bruts pour la pause méridienne, 5 à 7 € bruts par journée de remplacement...

La Poste. Propositions de la direction : une véritable provocation

Publié le 23 novembre 2016

100.000 suppressions de poste en 10 ans. Cette seule phrase explicite la surexploitation que subissent les postiers dans toute la France. Une surexploitation confirmée notamment par des expertises récentes. Pour y "remédier", la direction de La Poste vient de faire des "propositions" lors d’une réunion avec les syndicats, dont trois d’entre eux (CGT Fapt, SUD PTT et UNSA) ont décidé de quitter la réunion, refusant "de cautionner cette mascarade".

John Strempe

A la Poste, les conditions de travail sont désastreuses et les attaques de la direction s’intensifient. Comme rappelé plus haut, 100 000 postes en moins en 10 ans, mais toujours plus de travail qui poussent certains postiers à mettre un terme définitivement à cela et révèle au grand jour ce qu’est vraiment La Poste : une entreprise qui laisse ses salariés se suicider, qui envoie toute une lettre de condoléances et qui, derrière, continue de pousser ses salariés à l’extrême. La Poste n’hésite pas non plus à sortir la carte "répression" dès que des salariés l’ouvrent un peu trop, avec des licenciements, voire plus.

Ce que propose la direction...


Suite à la semaine de mobilisation appelé par la CGT un peu partout en France, comme à Toulouse ou encore à Wissous, la plus grande plateforme de courrier de France, dénonçant le fait que la direction fait faire tout et n’importe quoi à ces salariés dans le seul but de faire du profit, cette dernière a pondu un texte de plus de 50 pages pour annoncer des mesures qui "devrait" changer la donne. Evidemment, ce n’est pas le cas. La CGT dénonce un texte "transmis aux organisations syndicales à la dernière minute [et qui a] été rédigé par des experts qui font passer les données techniques et économiques avant les considérations humaines." Mais il apparait évident qu’il ne fallait pas attendre de la direction un sursaut d’humanisme, quand le système dans lequel on vit permet aux actionnaires de ne penser qu’en termes d’argent et de profit. Et cela se voit dans ce que le texte propose.

Le texte n’aborde pas du tout la responsabilité de la direction sur la crise sociale qui la traverse, et ne propose rien qui va dans ce sens. Alors que les syndicats réclament de l’embauche, la direction ne répond qu’à travers des primes dérisoires, qui ne résoudront, évidemment, en aucun cas les conditions de travail. SUD dénonce que la direction ne veut que "plus de flexibilité pour réorganiser, la remise en cause de la tournée comme socle du métier de facteur/trice (malgré les déclarations d’intention), et rien en matière d’emploi par exemple. Des primes censées faire passer la pilule, dont les montants sont à eux seuls, une provocation."

Les primes prévues par la direction sont les suivantes :
- de remplacement (5 à 7€ bruts ! Par jour !) pour le personnel non-titulaire qui remplace un collègue.
- une compensation de 150€ (bruts, encore) autour de la pause méridienne. Cette dernière avait notamment pas mal mobilisé les postiers lors de son entrée en vigueur, car leur temps de travail s’en voyait affecté. Avant, la pause quotidienne (20 minutes) était incluse dans leur temps de travail et désormais, la pause méridienne de 45 minutes n’est plus incluse et casse la tournée, rend la journée de travail plus longue, sans compter les heures supplémentaires.

Ces primes ne changent en rien les conditions de travail désastreuse, mais sont au contraire une véritable provocation pour les salariés. Une provocation couverte par la direction de la CFDT et de FO qui ont salué une « base » de discussions.

Un secteur qui demeure combatif !


Les multiples grèves amorcées depuis quelque mois de manière locale au niveau de La Poste, ainsi que la dernière semaine de mobilisation, montre que les salariés sont prêts à se mobiliser contre ce crachat lancé à tous les salariés et à ceux qui se sont tués à la tâche. La CGT Fapt et SUD PTT se réunissent en intersyndicale pour appeler à la mobilisation. Une mobilisation large, regroupant tous les secteurs, les syndiqués et non syndiqués au sein de La Poste reste une donnée essentielle pour faire barrage à ces nouvelles propositions et de faire entendre leur principale revendication qui ressort de toutes ces luttes : l’arrêt des suppressions de poste, moins de précarisation et plus d’embauche pour faire cesser les conditions de travail déplorable engendré par plus de 10 ans de casse de La Poste.

Mais certains se revendique de la casse de La Poste, dont un certain Fillon qui annonce, sans sourciller « une dizaine de réformes nécessaires [qui] pourrait être menée dans un délai très court après la présidentielle et les législatives. Ça pourrait passer. J’ai bien réussi à privatiser la Poste et les Télécoms. Plus personne en France ne réclame le retour de leur monopole ni du Minitel. Pas même Olivier Besancenot. » Ça pourrait passer... Ce ne sera pas sans compter sur la détermination de notre classe, qui a montré au printemps dernier qu’elle n’est pas prête à se laisser faire.