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Société

Marchandisation du lien social

La Poste fait payer la visite aux personnes âgées

Depuis quelques jours a été mis en place un nouveau service à la Poste. Pour un prix minimum de 19,90 euros, les postiers et postières seront désormais chargés de prendre 5 minutes pour rendre visite à vos grands-parents.

Les temps changent, dorénavant vous devrez vous acquitter de 19,90 euros minimum pour voir un postier rendre visite, 5 petites minutes, à vos grands-parents et prendre un café. La direction de la Poste souhaite commercialiser, aujourd’hui, un service qui était gratuit. Cette marchandisation scandalise les postiers et les usagers. Alors que la Poste est un groupe qui a 100 % de ses capitaux publics, le groupe propose dorénavant de faire facturer un service qui était naturellement pris en charge par les postiers depuis toujours. La Poste crée le lien social commercialisé.

"Veiller sur mes parents"

Ce nouveau service se nomme "Veiller sur mes parents". Il permettra aux descendants, qui pourront payer pour un minimum de 19,90 euros, d’assurer une visite hebdomadaire du facteur pour suivre l’état d’une personnes agée. Les postiers suivront une mini-formation, alors que les auxiliaires de vie suivent des formation d’un minimum de 6 mois et ont un diplôme d’état, et sont titulaire d’un diplôme de secours pour faire cette tâche. Qu’en est-il des responsabilités qui incombent au postier en cas de problème ? Qu’en est il également du lien "gratuit" que pouvait nouer ou décider de ne pas nouer le postier, avant que sa charge de travail augmentée d’année en année ne lui permette plus de prendre ces 5 minutes pour livrer un colis et saluer les usagers ?

"Nous ne sommes pas des infirmiers, Que se passe-t-il si on dit que la personne va bien et que ce n’est pas le cas ? "

Évidemment, ce type de service payant va encore creuser les inégalités. Pour ceux payant des impôts, ils pourront bénéficier d’une réduction fiscales. Il sera donc plus difficile pour les autres ayant des revenus modestes de payer un service comme celui-ci. Mais ce genre de service, d’apparence utile, masque un vraie problème de fond : la difficulté financière pour disposer d’auxiliaire de vie à domicile lorsque les personnes âgées souhaitent demeurer chez elles, et l’accessibilité à des maisons de retraites convenables où, là aussi, les conditions de prise en charge des patient se dégradent au même rythme que les conditions de travail des salariés. L’hypocrisie totale. D’un côté, on prive des personnes âgées et leurs familles d’un accès à un soin convenable, de l’autre on réduit le lien social avec le facteur à l’inexistant, et puis on le rend payant, bien que moins chers que les services appropriés.

Depuis la révolution industrielle, beaucoup de campagnards ont commencés à migrer vers les villes où sont situés les emplois. Quelques générations plus tard, beaucoup d’enfants et de petits-enfants se retrouvent éloignés de leurs parents ou grands-parents. Aujourd’hui, l’éloignement se fait plus important, ce qui obligent les travailleurs à étudier la question de la prise en charge pour ces personnes âgées. Alors que nous pensons qu’il est normal et naturel que ces personnes qui ont durement travaillé soient prises en charge par l’ensemble de la collectivité, les classes possédantes nous vendent un service auquel tous le monde ne pourra accéder.

« Ils sont prêts à tout pour faire du chiffre, pour Veiller sur mes parents, c’est pareil, c’est la nouvelle logique. »

Il est souhaitable de généraliser un service identique, non-marchand et gratuit pour toutes et tous, qui soit pris en charge par des personnels volontaires et qualifiés. Et il y a des besoins pour prendre en charge nos vieux. Et du chômage. Il serait alors logique de comprendre que ce type de service soit fournis par des auxiliaires de vie, des aides à domiciles et des infirmiers. Un service pour améliorer les liens sociaux généralisé aurait certainement plus d’effet sur le chômage avec un service pris en charge par l’état que le vendre à ceux pouvant se l’offrir. Comme beaucoup de postiers et postières le souligne, cela faisait partie de leurs tâches avant que l’on réduise le temps donné à chacune de leurs visites aux domiciles et que l’on réduise drastiquement la masse salariale pour améliorer les profits d’une entreprise publique qui servent toujours les mêmes dirigeants bourgeois. Depuis quelques années, la Poste restructure les effectifs, les travailleurs ont par ailleurs appelé à faire grève dernièrement, dans les centres de tri pour une revalorisation salariale et une meilleure considération dans leur travail.

Un service public pour toutes et tous

Il est contradictoire d’imaginer un service sérieusement public et en même temps un service marchand, surtout quand cela correspond à un service social. Ce gouvernement, dans la continuité de ceux des dernières années, vise à déstructurer les services publics. Macron, ancien ministre de l’économie avait développé les bus pas chers et on sait aujourd’hui que les conditions de travail s’aggravent dans ce secteur et tend à déstructurer les services publics ferroviaires existant. Exigeons un service public de qualité et non sa disparition. Nous tenons à nos anciens, à nos grands-parents et à nos parents et nous voulons, après tant d’années de travail et dur labeur, qu’ils puissent être pris en charge collectivement, respecté sans différenciation. Pour un service public pour toutes et tous servant seulement l’intérêt de notre classe ouvrière.




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