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SNCF RATP même combat

La RATP et la SNCF mettent en place le robot Pepper en service alors qu’il manque cruellement de personnel

Cela fait plusieurs mois qu'ils en parlaient, la SNCF et la RATP ont mis en place un robot humanoïde pour renseigner les voyageurs. Une première en France, alors même que les agents ne cessent de dénoncer le manque de moyen et de personnel.

Crédits photo : RAPHAEL EBENSTEIN / RADIO FRANCE

Le robot est composé d’un ordinateur connecté, de plusieurs caméras 3D, de micros et de capteurs positionnés sous une peau plastique. Il est produit par la société franco-japonaise Aldebaran, basée à Paris. Son nom ? Pepper. Il est vendu à des milliers d’exemplaires au Japon, fait ses premiers pas en Europe. Trois hypermarchés Carrefour l’ont déjà mis en test depuis fin octobre dont celui de la Beaujoire à Nantes.

La direction affirme que cela n’entraînera pas de suppression de poste

A partir de ce mercredi dans l’agence RATP de la gare de Lyon à Paris le petit robot d’1m20 qui parle trois langues (français, anglais et castillan) est mis en service pour participer à l’information des voyageurs. Il est pour l’instant "en phase d’expérimentation et on en tirera les enseignements", explique Franck Avice, directeur en charge du service, de la relation clients et des espaces multimodaux à la RATP.

« Il faut voir comment le robot se comporte et quel est le niveau de service qu’il peut apporter. On va tester aussi le comportement des clients parce que dialoguer avec un robot, ce n’est pas naturel donc ça va s’apprendre. » Si l’expérimentation est concluante, la RATP pourrait déployer Pepper dans d’autres agences, peut-être sous une forme différente si le dispositif nécessite des aménagements. Il n’y a pour l’instant aucune précision sur quelles seraient ces aménagements.

La RATP, comme la SNCF assurent qu’il n’a pas vocation à remplacer des agents en chair et en os et que l’idée est de réserver l’intervention humaine aux problèmes les plus complexes et de laisser un côté ludique à Pepper, qui propose même aux voyageurs de se prendre en photo avec lui. La définition de ludique reste très flou et le fait de vouloir « réserver l’intervention humaine aux problèmes les plus complexes » sous entend clairement que certaines tâches ne seront plus allouées aux salariés provoquera des suppressions d’emploi.

La SNCF expérimente le robot en gares de Nort-sur-Erdre, Saumur et des Sables d’Olonne. « On avait envie de tester des choses nouvelles sur le plan digital, justifie Stéphanie Dommange, directrice régionale de la SNCF. L’objectif n’est pas du tout de remplacer les agents. Pepper n’est pas un vendeur et ne sait pas répondre à toutes les questions. Ce qui nous intéresse c’est le service complémentaire qu’il apporte. »

Modernité ou casse des conditions de travail ?

Ce dispositif devient effectif alors même que les salariés de la RATP et de la SNCF ne cessent de dénoncer la gestion de leurs directions qui coupent allègrement dans les budgets et suppriment de nombreux postes qui détériorent les conditions de travail et le service proposé aux usagers ou clients si on reprend la terminologie des directions.
En effet, encore hier, le RER A et B ont connu une forte perturbation avec une mobilisation qui était « d’un peu plus de 95% sur les deux lignes ». Les syndicats CGT, UNSA, Sud et FO de la RATP avaient déposé un préavis de grève, couvrant la journée du 12 décembre, afin de protester contre les « tensions chroniques » et « dysfonctionnements récurrents dans l’organisation du travail »directement imputable à la « politique du chiffre » prônée par la direction. Cette dernière préfère investir dans des robots qui ne feront pas la grève et qui n’ont pas de salaire plutôt que développer un véritable service public de qualité.

C’est la même chose à la SNCF. La direction qui veut remplacer les conducteurs de TGV par des robots attaquent globalement les agents. Notamment les agents d’Escale des gares voient leurs postes se réduire comme peau de chagrin, en contradiction avec les annonces régulières des dirigeants et ministres. Plusieurs raisons à cela. Prenons l’exemple du projet Paris-Lyon qui sédentarise les contrôleurs, la multiplication des trains circulant sans contrôleurs (EAS) , l’externalisation de l’accueil aux usagers par des filiales ou boites privées comme Itiremia ou City One et même par des associations faisant soit disant de l’insertion (Promevil). On constate que la SNCF multiplie l’emploi d’agents de sécurité d’entreprises privées telles Lancry, Atalian, etc… Le nouveau mobilier « Accueil » qui privilégie les tablettes utilisables directement par les usagers ; le robot Pepper expérimenté en Pays de Loire vont dans le même sens.

Pourtant, les agents SNCF sont partout en nombre insuffisant au regard du nombre de voyageurs. Cela entraîne une dégradation des conditions d’emplois pour les cheminots et de mauvaises conditions de transport pour les usagers. Les agents SNCF du service commercial voyageurs en gare et ceux de la RATP sont irremplaçables et indispensables au fonctionnement du service public ferroviaire.




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