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Politique

Déni de démocratie

La République en marche ! découvre ce que ça fait de ne pas avoir le droit à la parole.

Le déni de démocratie de la Vème République à propos du temps d’antenne alloué aux formations politiques n’inquiète les représentants de la bourgeoisie que quand il s’attaque à leur temps de parole. La République en marche ! fait l’expérience de se voir muselée par le CSA lors des législatives.

Sept minutes au premier tour et cinq au second, c’est le temps d’antenne alloué par le CSA à la République en marche ! pour diffuser ses clips de campagne aux législatives. Un temps d’expression que la formation nouvellement créée par Emmanuel Macron juge trop court. La REM a donc déposé un recours au CSA pour remettre en cause la décision de l’organe de contrôle de l’audio-visuel qui a fixé, le 23 mai dernier, les durées d’antenne respectives attribuées aux différentes formations politiques.

Douze minutes contre cent vingt pour le PS et cent trois pour LR, la République en marche ! prend conscience de ce que cela implique d’être mis à la marge des médias et relégué à un temps d’expression anecdotique. C’est également le cas pour les autres formations qui ont réalisé des scores importants à lors de l’élection présidentielle : la France Insoumise et le FN. En application stricte de la loi, le CSA a réparti le temps d’accès à l’antenne en fonction du poids des appareils politiques à l’Assemblée nationale.

Furieux à l’idée de voir les lois du système le freiner dans sa conquète de l’Assemblée Nationale, tant on sait que le temps d’accès aux grands médias est un facteur important pour peser sur une élection, la République en marche ! s’est lancée dans une croisade en faveur d’une liberté d’expression. De quoi nous faire sourire jaune ! Dans un communiqué, elle déclare : « La République en marche ! s’est vu attribuer une durée totale de 12 minutes, sur les deux tours des élections législatives, pour diffuser ses clips de campagne sur les chaînes du service public, contre respectivement 2h00 et 1h44 pour les partis dits majoritaire et d’opposition sous la précédente législature ».

La formation politique d’Emmanuel Macron a donc saisi le juge des référés du Conseil d’État pour contester cette restriction de son temps de parole. Ce qui rend la démarche pathétique, c’est l’invocation de « la défense du pluralisme politique » qui n’intéresse la REM que depuis qu’elle se sent menacée par le CSA, et l’appel à « l’équité entre les formations politiques » et à « la nécessaire prise en compte de la demande profonde de renouveau exprimée par les électeurs lors de l’élection présidentielle ».

Si la REM soutenait véritablement les principes qu’elle invoque, elle réformerait en profondeur le système anti-démocratique qui muselle les candidats qui ne sont pas directement issus du système, comme c’était le cas de Philippe Poutou pendant les dernières présidentielles. De même pour les nombreux « petits candidats » de ces législatives qui n’auront pas la chance d’avoir accès aux grands médias, faute d’avoir pu se présenter dans suffisamment de circonscriptions comme l’impose le CSA. Mais ce n’est évidemment pas dans les plans du banquier président, dont la victoire a été fortement portée par sa proximité avec les grands médias.

Photo : ERIC FEFERBERG / POOL / AFP




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