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Société

Action anti-pauvreté

La SNCF, la police et l’armée déployées pour contrôler les usagers des RER

On connaît la chanson des communicants des sociétés de transports, que ce soit la SNCF ou la RATP, fraudeur égal voleur. La SNCF a décidé ce mardi de déployer 550 contrôleurs et agents de la sécurité ferroviaire, encadrés par la police et l’armée aux accès des RER dans Paris. Le but : frapper fort contre la fraude mais bien évidemment ce sont les jeunes et pauvres qui subissent de plein fouet cette chasse « aux voleurs »

Une opération « sans précédent » d’après Alain Krakovitch, directeur général de SNCF Transilien, la SNCF a déployé pas moins de 550 contrôleurs et agents de la sécurité ferroviaire aux accès des RER et trains de banlieue des six grandes gares de la capitale, afin de contrôler les usagers. Comme si cela ne suffisait pas, les agents de la SNCF étaient accompagnés de la police mais également de l’armée. Oui, oui, l’armée. Les soldats de l’opération sentinelle étaient présents et armés. L’intérêt d’un tel déploiement n’a pas été évoqué ni son coût.

Le Monde explique l’opération vu de l’intérieur, une véritable préparation militaire où aucune fuite n’est possible. Stéphane Volant, secrétaire général de la SNCF, à 13h20 finit de briefer ses équipes.

« Surtout pas de Tweet, sinon on compromet l’opération. »

« Nous procédons à la plus vaste opération destinée à lutter contre la fraude et les incivilités lancée par la SNCF en France. » explique Alain Krakovitch. L’opération a duré 3heures. Pendant ces trois heures, ce n’est pas moins de 300 000 personnes qui ont été contrôlées et seulement 3 307 personnes qui ont été verbalisées. La SNCF a récupéré 45 500 euros sur place et estime récupérer encore 33 000 euros en paiement différé. Est-ce que cette somme va compenser le coût de l’opération, ça on ne sait pas. Mais ce n’est pas le but d’une telle opération.

Ici, il s’agit de frapper fort, faire un gros coup de com. En effet, la ministre des transports Elisabeth Borne, le nouveau secrétaire d’Etat à l’intérieur Laurent Nuñez, Valérie Pécresse présidente de la région Ile-de-France et le préfet de Paris Michel Delpuech étaient venus à la gare du Nord pour assister à ce contrôle hors norme et assurément disproportionné.

Quand la SNCF utilise les méthodes de répression de la police pour faire du chiffre

La souricière des manifs vient de trouver une autre « utilité » dans la société. Permettre à la SNCF de faire des contrôles de masses. Le Monde explique que « le dispositif est spectaculaire et fonctionne comme une nasse. Gare du Nord, les quatorze accès aux lignes Transilien ont été bloqués par un double cordon de part et d’autre des barrières. Celui qui pénètre dans le « piège » est contrôlé d’un côté comme de l’autre et rares sont ceux qui passent entre les mailles du filet. »

Bien évidemment, étant donné le prix de l’abonnement, du billet, ce sont les jeunes des quartiers populaires, les personnes dans la précarité qui ne peuvent pas se permettre de s’acheter des titres de transport.

Ce sont donc eux qui subissent de pleins fouet cette répression. Alors que la gratuité des transports permettrait de fluidifier la circulation et de privilégier des moyens de transports moins polluants, la SNCF et l’Etat préfèrent choisir le tout répressif à l’instar de cette citation du journaliste du Monde : « les quelques propos véhéments entendus ici et là retombent vite lorsque les policiers ou les agents armés de la sûreté ferroviaire pointent le bout de leur matraque ».

Photo : image d’illustration
Crédit : FRED DUFOUR / AFP




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