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Notre classe

Nouvelles tentatives désespérées de la direction

La SNCF offre 150€ de primes aux cadres pour casser la grève

Mardi 3 avril débute la grève des cheminots. La direction de la SNCF a annoncé que seulement 1/8ème des TGV, 25% des Intercités, 1/10 des TER et 50% des RER fonctionneraient. Face à l’ampleur de la mobilisation cheminote, la SNCF a proposé une prime à des cadres pour les inciter à conduire des trains, et casser la grève.

Au lendemain d’un 22 mars très réussi chez les cheminots, la direction a proposé aux chefs d’équipes d’agents de conduite de toucher une prime de « conducteur occasionnel » de 150 euros, rétroactive au 1er janvier 2018. À la SNCF, la justification officielle est de répondre à une revendication de longue date des cadres. La direction tente de faire avaler que la simultanéité de cette prime et de la grève serait une simple coïncidence du calendrier, dénonçant un soi-disant « faux-procès ». La prime en question ne concernait jusqu’à présent que les cadres de niveau supérieur, et était d’un montant de 120 euros.

Mais il ne règne par l’ombre d’un doute sur l’objectif de la SNCF qui, alors qu’un cadre sur cinq avait fait grève le 22 mars, tente en réalité de manœuvrer pour acheter plus de cadres afin que ces derniers remplacent les cheminots, et ainsi limiter au maximum l’impact de la grève.

Les dirigeants n’en sont pas à leur première tentative pour tenter de tourner en discrédit les cheminots, les isoler et casser leur grève. Il y a quelques jours, Pécresse instaurait le covoiturage gratuit et annonçait la mise en place du télétravail dans plus de 600 centres hors des gares. La bourgeoisie s’est également acharnée à faire passer les cheminots pour des « privilégiés », avec pour but de créer une division entre usagers et grévistes, allant-même jusqu’à faire des publicités « anti-cheminots ».
De même, la SNCF a préparé tout un dispositif pour que chaque voyageur soit informé à la minute du planning des trains, des retards et annulations, se faisant la soit-disant alliée des usagers, contre les grévistes qui seraient coupables de ces dysfonctionnements. En réalité c’est le gouvernement lui même, et la direction de la SCNF qui le soutient, qui en portent la responsabilité, en cassant le statut des cheminots et entamant une privatisation du rail, qui sera particulièrement délétère en premier lieu pour les usagers.

C’est dans cette tentative globale de la direction de la SNCF et du gouvernement de casser la grève que s’inscrit la prime offerte aux cadres pour remplacer les conducteurs de train. Mais si l’entreprise est prête à offrir cette prime, c’est que la grève fait peur. En effet très peu de trains fonctionneront ce mardi 3 avril, et dans les prochains mois la bataille du rail s’annonce rude. Le taux de gréviste chez les cadres qui était à 20% le 22 mars, alors que ces derniers se mettent très rarement en grève, est d’ailleurs bien le signe du commencement d’une grève de grande ampleur.




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