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Répression syndicale

La SNCF se venge de la grève. Soutien à Nicolas, cheminot de Lille réprimé pour une torche

Nicolas, cheminot à Lille, syndiqué Sud Rail, était l'un des grévistes mobilisés contre le pacte ferroviaire. Il fait partie des nombreux cheminots et cheminotes poursuivis par la SNCF suite à la mobilisation cheminote, et qui sont menacés de licenciements ou d'autres sanctions plus ou moins lourdes.

Nicolas risquait d’être licencié pour avoir allumé une torche. Tel est le type de motif que la SNCF n’hésite pas à invoquer pour tenter de briser la contestation dans ses rangs. Mais la vraie raison n’échappait à aucun des soutiens venus manifester leur solidarité sous les fenêtres du "tribunal patronal" de la SNCF, ce jeudi 13 septembre, à gare de l’Est. "J’étais un des leaders sur Lille", explique Nicolas qui n’a rien perdu de sa détermination. "En fin de conflit ils veulent couper des têtes, et qui dit couper des têtes dit conseil de discipline". Et pour cela, la SNCF ne manque pas de créativité. "Là il y a quelques torches qui sont déjà parties en fumée, poursuit-il aux côtés de la sono crachant du Bérurier noir. Ça c’est un recel de vol ou un vol. On trouve forcément des parades, quand on veut tuer ton chien...".

Nicolas a pu compter sur le soutien de nombreux cheminots d’Ile-de-France et militants de la région de Lille, mais également de postiers des Hauts-de-Seine en grève depuis 174 jours. "On va dans tous les rassemblements par rapport aux répressions", raconte Torya, cheminote de Paris Est qui a mené la grève du printemps du début à la fin. "On a été à Lyon pour Christelle la semaine dernière, à Bordeaux pour Laurent... Il y a une espèce de revanche de la part de la direction sur les syndicats. C’est pas normal que quand on se met en grève pour défendre nos droits, la direction quelque soit le motif nous tape dessus pour des faits de grève".

Grâce à cette solidarité, la journée s’est finie sur une petite victoire : les soutiens et la défense ont permis de faire reculer la SNCF qui ne demande plus le licenciement de Nicolas mais une mise à pied de deux à quatre jours et un dernier avertissement. L’objectif des cheminots est désormais de s’assurer qu’aucun cheminot ne soit sanctionné. Ainsi, plusieurs rassemblements continuent de s’organiser en soutien des cheminots menacés de sanctions comme ce vendredi 14 septembre à Grenoble pour six agents dont deux passaient en entretien disciplinaire, ou encore à Lille pour le conseil de discipline d’Olivier suite à une action dans une gare.




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