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Notre classe

Restructuration bancaire et casse sociale

La Société Générale supprime 900 emplois supplémentaires

Lors de la présentation aux investisseurs de son plan stratégique pour 2020, la Société Générale a annoncé la suppression de 900 postes, qui s’ajoutent aux 2 550 déjà programmés au début de l’année 2016. D’ici 2020, ce sont donc 3 450 emplois qui auront disparu.

Dans le cadre de la restructuration du secteur bancaire en cours, avec le développement des opérations en ligne et l’automatisation des processus internes, la Société Générale a décidé la fermeture de plus de 300 agences dans les trois ans à venir. Ainsi, au terme du plan, la banque comptera 1700 agences dans l’Hexagone, au lieu de 2 000 à l’heure actuelle, un réseau équivalent à celui de la LCL.
A l’image des autres banques, BNP-Paribas, Crédit agricole, la Société Générale cherche à augmenter ses bénéfices, en réduisant ses effectifs et ses agences. Le développement des banques en ligne comme N26, Hello bank ou Boursorama, ont accéléré la course aux profits dans le secteur.

Les « néo-banques » en ligne

Les dernières années ont vu l’explosion de l’offre bancaire en ligne, avec des nouveaux établissements financiers qui dépensent des dizaines de millions d’euros en marketing et publicité pour conquérir de nouveaux clients. Selon le patron d’une de ces banques en ligne, 30 000 nouveaux clients y ouvrent chaque mois un compte. Et l’arrivée récente d’Orange Bank, filiale de l’opérateur téléphonique, devrait encore « dynamiser » le marché.
Quand on voit que des banques en ligne comme Boursorama par exemple – détenue par la Société Générale -, peuvent se permettre de proposer presque tous les services gratuits, carte bleue, tenue de compte, chéquier, etc., on ne peut que s’interroger sur le montant faramineux de bénéfices qu’elles font avec notre argent et le travail de ses salariés.

Sélection de clients fortunés

Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale, a affirmé que son établissement compte bien « tirer parti de l’expertise en banque privée au service des clients patrimoniaux et fortunés », et en retirer « plus de 200 millions d’euros de revenus supplémentaires d’ici à 2020 ». En clair, les clients premium seront ciblés, ceux qui ont un ou plusieurs comptes bien garnis et n’hésitent pas à acheter assurances-vie et autre produits financiers sur lesquels les marges des banques sont très confortables, avec des tarifs attractifs. Pour les autres, les travailleurs de rang, les précaires, les smicards, les chômeurs, d’alimenter le fonds qui permet aux banques de soulager les riches.

Une pluie de dividendes pour les actionnaires et… de suppressions de postes pour les salariés !

La banque avait jusqu’ici réduit ses effectifs en jouant sur les départs à la retraite non-remplacés, mais dorénavant elle prévoit de recourir à des départs dits « volontaires ».
Avec ces suppressions d’emplois, la Société Générale prévoit une réduction des coûts chiffrée à 1,1 milliard d’euros à l’horizon 2020. Elle mise sur 3,6 milliards d’euros de revenus supplémentaires d’ici à 2020, par rapport aux 25,3 milliards réalisés en 2016. Cela démontre encore une fois que de l’argent, il y en a… mais surtout pas pour les travailleurs.

Crédits photo : AFP




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