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Monde

Escalade de tensions

La Syrie au cœur du G7

Crédit Photo : AFP 2017 George Ourfalian Les ministres des Affaires Étrangères des 7 pays les plus industrialisés se sont réunis en G7 les lundi 10 et mardi 11 avril. Le dossier syrien était au cœur des discussions, après une nouvelle escalade de tensions entre Bachar Al Assad et ses principaux soutiens, la Russie et l’Iran, et l’administration états-unienne...

Les ministres et représentants des affaires étrangères membres du G7 se sont réunis lundi 10 et mardi 11 avril dans la ville de Lucques, en Italie. Au centre de leurs préoccupations, le dossier syrien. Tous semblent s’accorder pour dire qu’il n’y aura pas de solution au conflit en Syrie tant que Bachar Al Assad restera au pouvoir.

Le G7 se tient après une nouvelle escalade de tensions entre Bachar Al Assad, la Russie et l’Iran et les Etats-Unis. Alors que la nouvelle administration états-unienne laissait sous-entendre, à peine quelques jours plus tôt, que le départ du dictateur Bachar al-Assad n’était plus une priorité, l’attaque à l’arme chimique, imputée au régime d’Assad, l’aurait fait changer d’avis. Jeudi dernier, Trump a ordonné ses premières frappes en Syrie en guise de représailles (au total ce sont 59 missiles qui ont été envoyés sur une base aérienne syrienne

Le G7 se tient après que la Russie et l’Iran aient réaffirmé leur soutien à la Syrie en condamnant les bombardements états-uniens. Les deux généraux russe et iranien ont « condamné l’opération américaine », la qualifiant d’« agression contre un pays indépendant ».

Le soutien de la Russie et de l’Iran au régime syrien a été au centre des discussions du G7. Au terme d’une réunion élargie à la Turquie et à plusieurs pays du monde arabe (l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes, le Quatar et la Jordanie), le ministre allemand Sigmar Gabriel a déclaré dans un communiqué : « Tous les Etats du G7 veulent éviter une escalade militaire, et veulent une solution politique sans nouvelle spirale de la violence (…) nous voulons amener la Russie à soutenir le processus politique en vue d’une résolution pacifique du conflit syrien ».

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson devait rencontrer l’administration russe à Moscou mardi en fin de journée. Le ministre britannique des affaires étrangères, Boris Johnson, a déclaré souhaiter que M. Tillerson reparte avec un "message clair et coordonné" pour la Russie, principal allié du régime de Bachar al-Assad. De son point de vue, il s’agit de faire pression pour que Moscou cesse de soutenir M. Assad, qui est "maintenant toxique dans tous les sens du terme".

Face à la demande de Johnson d’appliquer de nouvelles sanctions contre les militaires russes qui travaillent avec Assad, et comme l’a déclaré M. Alfano, hôte de cette réunion du G7, lors de la conférence de presse finale : « Actuellement il n’y a pas de consensus pour d’autres nouvelles sanctions comme instrument efficace ». Pourtant, tous expriment le souhait que la Russie change de position et accepte de rompre ses liens avec le régime de Bachar Al Assad. Dans un point effectué devant la presse, Jean Marc Ayrault, ministre français des Affaires Etrangères a déclaré : « ce n’est pas une position d’agressivité à l’égard des Russes, plutôt une main tendue, dans la clarté ».

Les Occidentaux profitent du bombardement chimique et de la réponse musclée des Etats Unis, ainsi que de la situation qu’ils ouvrent, pour faire pression sur la Russie et obtenir, à travers de négociations, ce que leurs alliés ont été incapables de gagner sur le terrain militaire. Aujourd’hui, il s’agit pour les puissances impérialistes, non pas de faire fléchir Assad directement, mais de briser l’alliance entre le régime syrien, la Russie et l’Iran.

Cependant, pour briser cette alliance, qui, pour le moment, permet à ces régimes de préserver leurs intérêts réactionnaires, il faudra plus que des injonctions morales. Il faudra également que les puissances impérialistes réussissent à définir une politique unifiée, ce qui a été impossible jusque-là, comme le montrent les nouvelles sanctions contre la Russie.

De fait, l’absence d’une politique unifiée des puissances impérialistes vis-à-vis de la Russie, lui permet de gagner du temps et de tenter de redisposer ses pions en vue d’un rééquilibrage du rapport des forces. Toutefois, il est clair que ce tournant de l’administration Trump est une mauvaise nouvelle pour Poutine qui espérait améliorer ses relations avec les occidentaux et mettre fin, ou au moins alléger, les sanctions économiques qui pèsent sur la Russie depuis 2014.




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