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Politique

Édito

La circulaire de la honte ! Macron et Collomb accentuent la traque aux migrants

Votez Macron, disaient-ils, pour faire barrage au Front National et à sa politique raciste. Pourtant, et comme ses prédécesseurs, le « président des riches » n’hésite pas à mener une politique largement influencée par l’air du temps réactionnaire.

Derrière l’énorme mascarade qui a consisté à médiatiser l’arrivée de 19 migrants que « la France est allée chercher en Afrique », pour leur offrir gracieusement un titre de séjour de 10 ans, une toute autre réalité transparaît. Le sujet faisait la une des médias en cette journée internationale des migrants, même la une des journaux les plus réactionnaires tirait ce même bilan : Macron a opté pour un durcissement en matière d’immigration.

Un durcissement incarné très récemment dans la circulaire adressée par le ministère de l’Intérieur aux préfets, et qui préfigure la loi « immigration - asile » qui sera présentée au conseil des ministres en février. Une circulaire où Gérard Collomb demande d’envoyer des brigades mobiles pour effectuer un recensement dans les centres d’hébergement d’urgence. Une circulaire qui propose, en somme, d’ouvrir une véritable chasse aux migrants. Une autre circulaire, datant de début décembre, permet d’expulser plus rapidement les demandeurs d’asile, ou de les enfermer plus longtemps et plus facilement dans des centres de rétentions (la durée maximale passe de 45 à 90 jours).

Derrière les statistiques : souffrance et hypocrisie

Une journaliste du Monde rappelait qu’à ce sujet, « sur de nombreux points, la France pourrait être condamnée ». Derrière ces déclarations, ces chiffres, ces bilans, des conséquences concrètes. Des milliers de femmes, d’hommes, d’enfants, qui se heurtent aux remparts de l’Europe-forteresse.

En France, ils sont entre 300 000 et 500 000 à se confronter chaque jour à la vie en clandestinité. Sans papiers, sans titre de séjour, ils ne sont rien pour l’État français. Fuyant la police, redoutant les contrôles, traqués aux frontières, parfois empoisonnés comme à Calais par la police ou bien par des militants d’extrême-droite, des personnes à qui les autorités confisquent couverture et matelas en toute impunité. Des migrantes et des migrants, fuyant la guerre, la misère, sous OQTF (obligation de quitter le territoire français), expulsés sans autre forme de procès dans des conditions inhumaines. Sans même parler de toutes celles et ceux qui meurent noyés en traversant la Méditerranée.

Une situation que dénoncent nombre d’associations d’aide aux migrants. Mais ce que les organisations humanitaires rappellent peu, c’est le rôle par ailleurs central que joue la France pour semer le chaos dans les régions d’où fuient les migrants. L’État impérialiste et le patronat français sont en première ligne des responsables des conflits et de la misère généralisée, en particulier dans leur pré-carré en Afrique, mais aussi au Moyen-Orient. Et c’est ce même État français donneur d’ordre qui réprime celles et ceux qui fuient la guerre et la pauvreté au sein même des frontières hexagonales.

Une politique dans la parfaite continuité des prédécesseurs de Macron à l’Élysée

Le gouvernement français est en train d’opérer un tournant de plus dans le durcissement des conditions d’accueil des migrants. Mais ces circulaires et ces lois ne sont que l’aboutissement d’un long processus de criminalisation des réfugiés, la légalisation d’une politique menée depuis déjà bien longtemps et en toute impunité. « On place plus en rétention, mais les juges libèrent plus, dénonce la Cimade, L’ensemble de l’appareil administratif est sous tension. »

Certains semblent s’étonner de ce changement de ton de la part de Macron, qui décrétait pendant sa campagne électorale que l’Allemagne avait « sauvé la dignité collective » de l’Europe en accueillant près d’un million de réfugiés. Mais ce qui se joue aujourd’hui est la preuve irréfutable qu’en matière de politique migratoire raciste et meurtrière, il n’y avait qu’un pas entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Et à l’instar de la rhétorique réactionnaire d’un Sarkozy, ou d’un Hollande puisant sans vergogne dans le programme du FN en matière de déchéance de nationalité, Emmanuel Macron n’hésite pas à mener une ligne dure sur les questions migratoires.

Crédit photo : AFP




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